Un autre groupe a soutenu que « Yâsîn » serait le nom de quelqu’un d’autre. Puis les avis se sont divisés : al-Kalbî a dit que « Yâsîn » désigne Mohammed — paix et bénédictions d’Allah sur lui — ; d’autres ont affirmé qu’il s’agit du Coran. Tout cela n’est qu’une interprétation forcée dont rien ne justifie le recours.
L’opinion correcte — Allah est plus savant — veut que la forme originelle de l’expression soit « Âl-Yâsîn », comme on dit « Âl-Ibrâhîm ». L’article alif-lâm placé au début a été retranché pour éviter la rencontre de consonnes semblables, le nom indiquant déjà la place de l’élément omis. Cette procédure est fréquente dans leur langue : lorsque des phonèmes identiques se suivent, ils répugnent à les prononcer tous et suppriment ce dont l’absence ne prête pas à confusion, alors qu’ils maintiennent la forme pleine lorsque ces phonèmes ne se rencontrent pas.
Ainsi, ils retranchent la nûn dans innî, annî, ka’annî et lakinnî, mais non dans laytanî. Et, parce que le lâm de la particule laʿalla ressemble à une nûn, ils ont également supprimé la nûn dans ce cas. De surcroît, les Arabes ont pour habitude, lorsqu’ils emploient un nom étranger, de le modifier : on rencontrera tantôt Ilyâsîn, tantôt Ilyâs, tantôt Yâsîn, et parfois même Yâs.
De la sorte, selon l’une des deux lectures la salutation s’adresse à sa personne, et, selon l’autre, à sa famille.