Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

Nous les avons empêchés de dépenser. Abû Isḥâq explique : on emploie l’expression « c’est au cou d’Untel » pour désigner ce qui incombe à quelqu’un, son caractère obligatoire étant comparable à celui d’un collier parmi tout ce que l’on porte autour du cou. Abû ʿAlî ajoute : c’est le même sens que dans les formules « je t’ai passé tel carcan » ou « je t’ai orné d’un collier ». De là aussi l’expression : « le souverain l’a investi de telle charge », c’est-à-dire que cette fonction lui est désormais attachée comme un collier, à l’endroit même où l’on passe l’anneau.

Je (l’auteur) dis : de même, on dit : « J’ai confié à untel le jugement de telle ou telle affaire », comme si l’on avait mis un carcan à son cou. Allah a d’ailleurs qualifié de carcans (aghlâl) les obligations pénibles lorsqu’Il dit (7 : 157) : « Il leur ôte leur fardeau et les carcans qui pesaient sur eux. » Il les compare ainsi à des carcans en raison de leur rigueur et de leur difficulté. Al-Ḥasan a commenté : il s’agit des épreuves sévères qui existaient dans le culte, telles que l’obligation d’effacer toute trace d’urine ou d’impureté, de se donner la mort pour se repentir, d’amputer le membre fautif ou encore de retirer complètement les nerfs des morceaux de viande. Ibn Qutayba dit quant à lui : ces carcans consistent en l’interdiction par Allah – exalté soit-Il – de nombreuses choses qu’Il a rendues licites à la communauté de Muḥammad ﷺ ; Il les a appelés « carcans » parce que l’interdiction retient, tout comme le carcan entrave la main.

À propos de Sa parole : « … elles atteignent les mentons » (fa-hiya ilā l-adhqān), un groupe d’exégètes estime que le pronom renvoie aux mains, bien qu’elles ne soient pas mentionnées, le contexte les désignant implicitement. En effet, lorsque le carcan entoure le cou, les mains y sont ramenées ; on l’appelle pour cela jâmiʿa (« l’entrave qui réunit »). Le sens est alors : « leurs mains – ou leurs mains droites – sont serrées contre leurs mentons ». Tel est l’avis d’al-Farrâʾ et d’az-Zajjâj.

Un autre groupe considère que le pronom renvoie aux carcans eux-mêmes, et c’est là le sens le plus évident. L’expression « … elles atteignent les mentons » signifie qu’elles y parviennent et y demeurent incrustées ; il s’agit d’un carcan large qui entoure le cou jusqu’à toucher le menton.

Concernant Sa parole : « … et ils se retrouvent la tête haute mais les yeux baissés » (fa-hum muqmaḥûn), al-Farrâʾ et az-Zajjâj expliquent que le muqmaḥ est celui qui baisse le regard après avoir levé la tête. Dans la langue, al-iqmâḥ désigne le fait de lever la tête tout en abaissant les yeux ; on dit : aqmaḥa al-baʿîru raʾsah (« le chameau a levé la tête ») ou simplement qamaḥa. Al-Aṣmaʿî rapporte qu’on qualifie de baʿîr qâmiḥ le chameau qui retire la tête de l’abreuvoir sans boire. Al-Azhari ajoute : « lorsque leurs mains furent enchaînées jusqu’à…»

حبسناهم عن الاتفاق. قال أبو إسحاق: إنما يقال للشيء اللازم: هذا في عنق فلان، أي لزومه كلزوم القلادة من بين ما يلبس في العنق. فقال أبو علي: هذا مثل قولهم: طوقتك كذا وقلدتك. ومنه: قلده السلطان كذا، أي صارت الولاية في لزومها له في موضع القلادة، ومكان الطوق. قلت: ومن هذا قولهم: قلدت فلانا حكم كذا وكذا. كأنك جعلته طوقا في عنقه. وقد سمى الله التكاليف الشاقة أغلالا في قوله: ٧: ١٥٧ وَيَضَعُ عَنْهُمْ إِصْرَهُمْ وَالْأَغْلالَ الَّتِي كانَتْ عَلَيْهِمْ فشبهها بالأغلال لشدتها وصعوبتها. قال الحسن: هي الشدائد التي كانت في العبادة. كقطع أثر البول والنجاسة، وقتل النفس في التوبة. وقطع الأعضاء الخاطئة. وتتبع العروق من اللحم. وقال ابن قتيبة: هي تحريم الله سبحانه عليهم كثيرا مما أطلقه لأمة محمد ﷺ وجعلها أغلالا لأن التحريم يمنع، كما يفيض الغل اليد. وقوله: فَهِيَ إِلَى الْأَذْقانِ قالت طائفة: الضمير يعود إلى الأيدي، وإن لم تذكر لدلالة السياق عليها. قالوا: لأن الغل يكون في العنق فتجمع إليه اليد. ولذلك سمي جامعة. وعلى هذا فالمعنى: فأيديهم، أو فأيمانهم مضمومة إلى أذقانهم. وهذا قول الفراء والزجاج. وقالت طائفة: الضمير يرجع إلى الأغلال. وهذا هو الظاهر. وقوله: فَهِيَ إِلَى الْأَذْقانِ أي واصلة وملزوزة إليها، فهو غل عريض قد أحاط بالعنق حتى وصل إلى الذقن. وقوله: فَهُمْ مُقْمَحُونَ قال الفراء والزجاج: المقمح: هو الغاض بصره بعد رفع رأسه. ومعنى الإقماح في اللغة رفع الرأس وغض البصر. يقال: أقمح البعير رأسه، وقمح. وقال الأصمعي: بعير قامح إذا رفع رأسه عن الحوض ولم يشرب. قال الأزهري: لما غلت أيديهم إلى

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