quelque bien en eux, Il leur aurait certes permis d’entendre ; mais, même s’Il les avait fait entendre, ils se seraient détournés en demeurant indifférents. »
Allah — Très-Haut — dit encore (35 : 22) : « L’aveugle et celui qui voit ne sauraient être mis sur le même plan, pas plus que les ténèbres et la lumière, ni l’ombre et la chaleur ardente. De même, les vivants et les morts ne sont pas égaux. Allah fait entendre qui Il veut, tandis que toi, tu ne peux faire entendre ceux qui sont dans les tombeaux ; tu n’es qu’un avertisseur. »
Or cette audition est plus particulière que l’audition de la preuve et de la transmission ; celles-ci, ils les ont bel et bien reçues, et la preuve s’est ainsi établie contre eux. Mais il s’agissait alors de l’audition des oreilles, tandis qu’il est ici question de l’audition des cœurs. En effet, toute parole possède un vocable et un sens ; elle entretient un rapport à la fois avec l’oreille et avec le cœur. Entendre son vocable est le lot de l’oreille ; entendre la réalité de son sens et de son intention est le lot du cœur.
Ainsi, le Très-Haut a nié aux mécréants l’audition de l’intention et de la finalité — part qui revient au cœur — tout en leur reconnaissant l’audition des vocables — part de l’oreille — dans Sa parole (21 : 2-3) : « Il ne leur vient aucun rappel nouveau de la part de leur Seigneur sans qu’ils ne l’écoutent en s’amusant, leurs cœurs distraits. » Cette manière d’entendre ne profite à l’auditeur qu’en ce qu’elle fait peser la preuve contre lui, ou du moins lui en donne les moyens ; quant à l’intention, au fruit et à l’objectif de l’audition, ils ne se réalisent pas lorsque le cœur est distrait, inattentif et indifférent. L’auditeur se lève alors en demandant à son voisin (47 : 16) : « Qu’a-t-il dit à l’instant ? » — ceux-là sont ceux dont Allah a scellé les cœurs.
La différence entre ce degré et le degré de la compréhension intuitive est la suivante : le présent degré ne s’obtient que par le biais de l’oreille, tandis que la compréhension intuitive est plus générale. Sous cet angle, il est donc plus spécifique que le degré de la compréhension, laquelle est à son tour plus spécifique sous un autre angle, car elle se rapporte au sens visé, à ses implications, à ses connexions et à ses indications. Quant au degré de l’audition, son centre est la transmission de l’intention du discours au cœur ; de cette audition découle l’audition de l’acceptation.
Il y a donc trois rangs : l’audition de l’oreille, l’audition du cœur, puis l’audition qui se traduit par l’acceptation et la réponse.
Section
Neuvième degré : le degré de l’inspiration. Allah — Très-Haut — dit (91 : 7-8) : « Par l’âme et Celui qui l’a harmonieusement façonnée, puis lui a inspiré sa perversité et sa piété. » Le Prophète ﷺ dit également à Ḥuṣayn ibn al-Khuzaʿī