Sourate Fâtir
« Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux »
35 : 15 – « Ô hommes ! Vous êtes les besogneux envers Allah, alors qu’Allah, Lui, est le Riche, le Digne de louange. »
Dans ce verset, le Très-Haut montre que la pauvreté des serviteurs à Son égard est un trait constitutif ; ils ne peuvent jamais s’en affranchir, de même que Sa suffisance absolue et Sa louange parfaite sont inhérentes à Son Essence : Sa richesse et Ses louanges Lui appartiennent par nature, sans qu’aucune cause extérieure ne les ait suscitées. De même, la pauvreté de tous les autres êtres est inhérente à leur propre nature ; aucune cause n’en est la génératrice. On ne saurait donc expliquer ce besoin ni par la contingence (imkân) ni par le fait d’être créé (ḥudûth) ; il est enraciné dans l’essence même du pauvre. Ainsi, la dépendance du serviteur vis-à-vis de son Seigneur procède de son être même, non d’un facteur qui l’aurait provoquée, tout comme la richesse du Seigneur – exalté soit-Il – procède de Son Être, sans qu’aucun élément ne l’ait déterminée.
Cheikh al-Islâm Ibn Taymiyya l’a exprimé ainsi :
« Le dénuement m’est un attribut essentiel, indissociable à jamais,
comme l’opulence est pour Lui, à jamais, un attribut essentiel. »
La créature est donc pauvre et nécessiteuse envers son Seigneur par essence, non par accident. Tout ce qui est avancé comme “causes” de cette pauvreté et de ce besoin n’en constitue en réalité que des preuves, non des générateurs ; ce qui tient à l’essence ne se justifie pas. L’être indigent par essence dépend de Celui qui est riche par essence. Ainsi, la contingence, le fait d’être créé et la dépendance ne sont que des indicateurs de cette pauvreté, non ses raisons.
C’est pourquoi l’avis correct, concernant la cause du besoin qu’a le monde de son Seigneur – exalté soit-Il –, est autre