De leur côté, les Muʿtazilites prirent l’avantage en s’élevant contre la négation, par leurs adversaires, de la beauté et de la laideur rationnelles dans leur ensemble, et en avançant que l’absence de châtiment avant la mission des messagers prouve l’inexistence même de la laideur et l’indifférence des actes en eux-mêmes ; sur ce point également, ils les ont justement réfutés.
Ainsi, chaque école a triomphé de l’autre à cause de ce qu’elle rejetait du vrai.
Quant à celui qui suit la voie que nous avons choisie, aucune des deux factions n’a prise sur sa parole ni ne peut l’emporter sur lui : il approuve chacune pour la part de vérité qu’elle détient et qu’il établit, tout en récusant la part d’erreur qu’elle véhicule.
[Sourate al-Qasas (28), versets 71-72]
Dis : « Voyez donc ! Si Allah faisait de la nuit un continuum jusqu’au Jour de la Résurrection, quelle divinité, hormis Allah, pourrait vous apporter la lumière ? N’entendez-vous donc pas ? » 71
Dis : « Voyez donc ! Si Allah faisait du jour un continuum jusqu’au Jour de la Résurrection, quelle divinité, hormis Allah, pourrait vous apporter une nuit où vous reposer ? Ne voyez-vous donc pas ? » 72
Le Très-Haut a associé le jour à la vue, car c’est son domaine : la vue y exerce toute son autorité et son action. Il a, en revanche, lié la nuit à l’ouïe, car c’est à ce moment que l’ouïe prédomine : les animaux y perçoivent des sons qu’ils n’entendent pas de jour, le tumulte s’apaise, les mouvements s’interrompent, la puissance de l’ouïe se renforce tandis que celle de la vue faiblit. Le jour, c’est l’inverse : la vue s’y affirme et l’ouïe s’y affaiblit.
Ainsi, l’interpellation « N’entendez-vous donc pas ? » se rapporte à : « Dis : Voyez donc ! Si Allah faisait de la nuit un continuum… », tandis que la question « Ne voyez-vous donc pas ? » renvoie à : « Dis : Voyez donc ! Si Allah faisait du jour un continuum… ».