Sourate al-Qasas
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
[Sourate al-Qasas (28), verset 47]
« Si un malheur ne les frappait pas pour ce que leurs propres mains ont commis et qu’ils ne disent alors : “Seigneur, pourquoi ne nous as-Tu pas envoyé un messager ? Nous aurions suivi Tes signes et nous aurions été du nombre des croyants.” »
Allah – exalté soit-Il – nous informe ainsi que ce que leurs mains avaient accompli avant la mission est la cause du malheur qui les atteint. S’Il leur avait infligé la sanction qu’ils méritaient, ils L’auraient contesté en disant qu’aucun messager ne leur avait été envoyé et qu’aucun Livre ne leur avait été révélé. Il a donc levé cette excuse en envoyant le Messager et en faisant descendre l’Écriture, afin qu’après la venue des messagers les hommes ne puissent plus avancer la moindre preuve contre Allah. Le verset atteste donc clairement que leurs actes antérieurs à la mission étaient répréhensibles en eux-mêmes, au point qu’ils méritaient d’être frappés par le châtiment ; cependant, dans Sa sagesse, Il ne punit qu’après l’envoi des messagers. Tel est le jugement décisif.
La formulation exacte de ce grand principe est la suivante : la laideur morale d’un acte lui est intrinsèque, mais Allah ne châtie pour elle qu’après l’établissement de la preuve par la révélation. C’est précisément cette subtilité qui a échappé aussi bien aux Muʿtazilites qu’aux Kullâbites ; chacune de ces deux écoles s’est crue en position de force face à l’autre parce qu’elle n’a pas su conjuguer ces deux considérations. Ainsi, les Kullâbites ont pris le dessus sur les Muʿtazilites en affirmant l’existence du châtiment avant l’envoi des messagers et en faisant dépendre la sanction de la seule laideur rationnelle de l’acte ; et, sur ce point, ils les ont bel et bien réfutés.