Quant au terme « paix », il se peut qu’il relève ici du champ de l’énoncé rapporté : il serait alors coordonné à la proposition déclarative « Louange à Allah », et l’ordre « Dis » embrasserait les deux locutions à la fois. Dans cette hypothèse, l’arrêt se ferait à la fin de la seconde proposition ; celle-ci serait à l’accusatif, puisqu’elle est citée telle quelle après le verbe « dire ».
Il est toutefois possible – et même plus probable – de considérer « Paix sur Ses serviteurs qu’Il a élus » comme une phrase nouvelle, autonome, qui se trouve simplement juxtaposée à la proposition injonctive. Dans ce cas, elle n’a pas de fonction syntaxique déterminée dans la première, et l’on comprend que la salutation vienne d’Allah Lui-même, conformément à ce qui a déjà été exposé à propos de Sa paix sur Ses messagers – que la prière et la paix d’Allah soient sur eux.
Si l’on retient la première lecture, il s’agirait alors d’un ordre qui nous est adressé pour que nous saluions les élus. On objecte cependant : comment peut-on coordonner une proposition informative à une demande, alors que leurs natures diffèrent ? Il ne sied pas, en bon style, de dire : « Lève-toi, et Zayd est parti », ou : « Sors, et ‘Amr s’est assis ».
La réponse tient au fait que la proposition injonctive est ici rapportée au moyen d’une phrase déclarative ; dès lors, la coordination d’une information à cette même déclaration n’entraîne plus de dissonance ni de rupture. On trouve un cas comparable dans la parole d’Allah : 10 : 101 : « Dis : “Regardez donc ce qui est dans les cieux et sur la terre.” – Et les signes et les avertissements ne sauraient être d’aucune utilité pour des gens qui ne croient pas. »
L’expression « Et les signes… » n’est pas coordonnée à l’impératif « Regardez », mais bien à l’ensemble de l’énoncé. De fait, la coordination du déclaratif à l’injonctif est fréquente, ainsi qu’en témoignent : 21 : 112 : « Il dit : “Seigneur, tranche en toute vérité.” – Et Notre Seigneur est le Tout-Miséricordieux, dont l’aide est implorée pour ce que vous décrivez » ; ou encore 23 : 118 : « Et dis : “Seigneur, pardonne et fais miséricorde ; Tu es le Meilleur des miséricordieux.” »
L’essentiel est donc que, selon cette dernière explication, Allah – exalté soit-Il – adresse Lui-même la paix aux élus parmi Ses serviteurs, les messagers étant les plus éminents d’entre eux. Et Il a annoncé qu’Il les a choisis de façon exclusive, comme