Ses messagers. Cela implique qu’ils sont entièrement préservés de tout ce que peuvent proférer à leur encontre les négateurs et les contradicteurs. Or, s’ils sont indemnes de toutes les calomnies que leurs ennemis leur jettent, il s’ensuit que tout ce qu’ils ont apporté est, lui aussi, à l’abri de tout mensonge et de toute corruption.
Le message le plus éminent qu’ils ont transmis est le tawḥîd (l’affirmation de l’unicité) et la connaissance d’Allah, ainsi que la description qu’ils ont faite de Lui en des termes dignes de Sa majesté, conformément à ce par quoi Il S’est Lui-même décrit par leur intermédiaire. Si cela est indemne de mensonge, d’impossibilité et de corruption, alors c’est la vérité pure ; et tout ce qui le contredit n’est que fausseté et mensonge inconsistant.
On retrouve exactement ce sens dans Sa parole : « Dis : Louange à Allah, et paix sur Ses serviteurs qu’Il a élus » [27 : 59]. Ce verset renferme Sa louange par les attributs de perfection et les qualités de majesté, par les actes louables et les plus beaux noms, et affirme l’intégrité de Ses messagers, préservés de tout défaut, de toute imperfection et de tout mensonge. Cela garantit, par ricochet, la sûreté de ce qu’ils ont transmis face à toute forme de faux.
Médite donc ce secret : l’association de la paix adressée à Ses messagers à Sa propre louange et à Sa glorification. Cela atteste que, ici comme à la fin de la sourate Les Rangées, la paix émane d’Allah.
Quant au fait de coordonner une phrase informative à une requête, il abonde dans le Coran. On en trouve, entre autres, les exemples suivants :
21 : 112 : « Il dit : “Seigneur, tranche en toute vérité !” – “Notre Seigneur est le Tout-Miséricordieux, dont l’aide est implorée.” »
23 : 118 : « Et dis : “Seigneur, pardonne et fais miséricorde ; Tu es le Meilleur des miséricordieux.” »
7 : 89 : « Seigneur, tranche entre nous et notre peuple en toute vérité ; Tu es le Meilleur des arbitres. »
Les passages analogues sont très nombreux.
La parole décisive à ce sujet est donc de dire que le verset englobe les deux aspects à la fois et les réunit dans une seule formulation. En effet, le messager n’est que le transmetteur de la parole d’Allah ; il n’a d’autre fonction que de la communiquer, tandis que la parole est celle du Seigneur – exalté soit-Il : c’est Lui qui S’est loué Lui-même, qui a salué l’élite de Ses serviteurs et qui a ordonné à Son messager de le proclamer. Ainsi, lorsque le messager dit : « Louange à Allah, et paix sur Ses serviteurs qu’Il a élus », il loue Allah et salue Ses serviteurs par la même louange et la même paix dont le Seigneur S’est Lui-même loué et dont Il a salué Ses serviteurs. Il s’agit donc d’une paix émanant d’Allah en premier lieu, transmise par l’envoyé, puis reprise par les serviteurs à titre d’imitation et d’obéissance. Voilà pourquoi nous disons, ainsi que notre Seigneur nous l’a ordonné :
« Louange à Allah, et paix sur Ses serviteurs qu’Il a élus. »