Plusieurs éléments conduisent donc à privilégier l’idée que la salutation fait partie intégrante de l’énoncé :
• Premièrement : elle lui est immédiatement rattachée et lui est coordonnée sans aucun intermédiaire ; dès lors, le verbe « Dis » s’applique aux deux segments. C’est la règle, sauf empêchement contraire. Ainsi, quand on dit : « Dis : Louange à Allah, et Gloire à Allah », la glorification appartient, elle aussi, à la parole ordonnée.
• Deuxièmement : si la salutation est coordonnée au verbe « dis », on a une phrase déclarative jointe à une autre phrase déclarative – construction normale. Si, au contraire, elle en était détachée, il s’agirait d’une phrase déclarative accolée à un impératif, or il est peu élégant d’aligner un énoncé informatif sur une injonction.
• Troisièmement : la formule « Dis : Louange à Allah, et paix sur Ses serviteurs qu’Il a élus » montre clairement que celui qui salue est le même que celui qui proclame : « Louange à Allah ». La présence du pronom à la troisième personne – et non « paix sur Mes serviteurs » – le confirme.
Plusieurs indices, toutefois, militent pour que la salutation émane d’Allah Lui-même :
- Elle correspond à d’autres passages du Coran où Allah adresse directement Sa paix à Ses serviteurs qu’Il a élus, par exemple : 37 :79 : « Paix sur Noé dans les mondes », 37 :108 : « Paix sur Abraham », 37 :120 : « Paix sur Moïse et Aaron », 37 :130 : « Paix sur Élie ».
- Les « serviteurs qu’Il a élus » sont les messagers, et le Très-Haut associe tantôt Sa glorification, tantôt Sa louange, à la paix qu’Il leur adresse.
– Dans le premier cas, Il dit : 37 :180-181 : « Gloire à ton Seigneur, Maître de la puissance, au-dessus de ce qu’ils décrivent ; et paix sur les messagers ». Il commence par se déclarer exempt de toute imperfection, puis Il salue Ses envoyés.
L’association de Sa paix à Sa propre glorification recèle un secret majeur du Coran : elle constitue une réfutation implicite de tout falsificateur et innovateur. En effet, après avoir proclamé Son absolue transcendance et s’être lavé de tout ce que Lui prêtent les égarés parmi les créatures, Il répand ensuite Sa paix sur