Ainsi, on se soustrait à la première interrogation par la pure sincérité (ikhlâs), et l’on échappe à la seconde en réalisant la pleine conformité (mutâbaʿa). Le cœur doit en outre être préservé de toute intention qui contredirait la sincérité et de tout penchant qui ferait obstacle à la conformité ; telle est, en vérité, la santé du cœur. Or, quiconque possède un cœur sain se voit assuré du salut et du bonheur.
[Coran 26 : 98]
« Lorsque nous vous mettions sur le même pied que le Seigneur des mondes. »
Cette assimilation ne portait que sur l’amour, la divinisation et l’obéissance aux prescriptions qu’ils imposaient, non sur la création, la puissance ni la seigneurie. C’est de cette équation qu’Allah a parlé à propos des mécréants, comme dans Sa parole :
6 : 1 « Louange à Allah qui a créé les cieux et la terre, instauré les ténèbres et la lumière ; puis ceux qui mécroient attribuent des égaux à leur Seigneur. »
Parmi les deux explications rapportées, la plus solide veut dire : « Puis les mécréants attribuent à leur Seigneur un égal », c’est-à-dire qu’ils Lui associent un semblable qu’ils aiment, vénèrent et adorent comme ils adorent Allah, et dont ils magnifient les commandements.
Ibn al-Qayyim écrit dans Târiq al-Hijratayn : cette égalité n’allait pas, selon eux, jusqu’aux actes et aux attributs au point de croire que leurs idoles égalaient Allah dans Ses actes et Ses attributs. Elle consistait seulement à mettre leurs divinités sur le même plan qu’Allah quant à l’amour, à l’adoration et à la vénération, tout en reconnaissant la différence entre Allah et elles. Rectifier cette erreur revient à rectifier la shahâda : « Il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allah. »
Il convient donc à quiconque veut se conseiller lui-même, désire son bonheur et son salut, de prendre cette question très au sérieux, en science comme en pratique, de la considérer comme l’affaire la plus importante, la plus noble de ses connaissances et de ses œuvres ; car l’enjeu tout entier y tient, tout gravite autour d’elle, et l’interrogatoire au Jour de la Résurrection portera sur elle. Le Très-Haut dit :
15 : 92-93 « Par ton Seigneur ! Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils œuvraient. »
Plusieurs des pieux prédécesseurs ont dit : il s’agit de l’interrogation sur la parole « Il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allah ». C’est exact, car tout l’examen revient, en définitive, à cette parole.