dans son retour repentant, son humilité recueillie, sa crainte révérencielle et son espérance. Il consacre donc l’ensemble de ses œuvres et de ses affaires à Allah : s’il aime, il aime pour Allah ; s’il déteste, il déteste pour Allah ; s’il donne, il donne pour Allah ; s’il refuse, il refuse pour Allah. Et cela ne lui suffit pas tant qu’il n’a pas renoncé à se soumettre et à recourir, pour tout jugement, à quiconque autre que le Messager d’Allah ﷺ. Il doit sceller dans son cœur un engagement ferme à le prendre, lui seul, pour guide et modèle, à l’exclusion de tout autre, dans les biens comme dans les actes :
– les paroles du cœur, c’est-à-dire les croyances ;
– les paroles de la langue, qui expriment ce que recèle le cœur ;
– les œuvres du cœur, à savoir la volonté, l’amour, la haine et tout ce qui s’y rattache ;
– et les œuvres des membres.
Le critère pour tout cela, dans les moindres détails comme dans les grandes lignes, est ce qu’a apporté le Messager ﷺ. Ainsi, il ne le devance jamais par une croyance, une parole ou un acte, conformément à la parole du Très-Haut (49 : 1) : « Ô vous qui croyez ! Ne devancez pas Allah et Son Messager », c’est-à-dire : ne parlez qu’après qu’il a parlé, et n’agissez qu’après qu’il a ordonné.
Un des prédécesseurs pieux a dit : « Il n’est pas de geste, si infime soit-il, sans que deux registres ne soient déployés pour lui : “Pourquoi ?” et “Comment ?” — pourquoi l’as-tu accompli ? et comment l’as-tu accompli ? »
Le premier registre interroge la cause, le mobile et l’impulsion de l’acte : s’agit-il d’un profit immédiat convoité par l’auteur, d’un désir de l’âme pour l’éloge des gens ou la crainte de leur blâme, de l’acquisition d’un avantage pressant ou de l’éloignement d’un préjudice imminent ? Ou bien le moteur de l’acte est-il l’acquittement du droit de la servitude envers Allah, la recherche de Sa proximité, la quête du moyen de s’approcher de Lui ?
La question est donc : devais-tu accomplir cette action pour ton Maître ou l’as-tu accomplie pour ton propre intérêt et ton caprice ?
Le second registre t’interroge sur ta conformité au Messager ﷺ dans cette adoration : cette œuvre correspond-elle à ce que J’ai légiféré pour toi par la bouche de Mon Messager, ou est-ce un acte que Je n’ai ni légiféré ni agréé ?
Le premier examen porte donc sur la sincérité, le second sur la conformité. Or Allah, exalté soit-Il, n’accepte aucune œuvre sans ces deux conditions.