lui qui fut interrogé par ʿUmar — en présence de plusieurs vétérans de Badr et d’autres Compagnons — au sujet de la sourate : « Lorsque vient le secours d’Allah et la victoire ». Ibn ʿAbbâs mit alors en lumière une compréhension qui lui était propre : il y vit l’annonce, par Allah — exalté soit-Il —, du rappel du Prophète à Lui et l’avertissement de la proximité de sa fin. ʿUmar confirma cette lecture, demeurée voilée pour les autres Compagnons, alors qu’Ibn ʿAbbâs était à ce moment-là le plus jeune d’entre eux. Sans cette pénétration particulière, où trouverais-tu dans cette sourate l’annonce de son terme ?
Cette subtilité s’affine jusqu’à atteindre des niveaux auxquels la majorité des esprits n’accède pas ; en pareil cas, le texte nécessite un appui extérieur et l’on ne peut, pour eux, se contenter des seules sources scripturaires. Quant à celui qui possède la compréhension intérieure, les textes lui suffisent et il n’a besoin d’aucun autre secours.
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Sixième degré : le degré de la clarification générale (al-bayân al-ʿāmm). Il consiste à mettre la vérité en pleine lumière et à la distinguer de l’erreur grâce à ses preuves, ses signes et ses indicateurs, jusqu’à ce qu’elle devienne pour le cœur aussi évidente que les réalités visibles le sont pour l’œil. Ce degré constitue l’argument décisif qu’Allah oppose à Ses créatures : Il ne châtie ni n’égare personne avant qu’il ne l’ait atteint. Allah — Très-Haut — dit (9: 115) : « Allah n’est point tel qu’Il égare un peuple après l’avoir guidé, avant de leur avoir clairement montré ce qu’ils doivent éviter. » Ainsi, l’égarement est-il une sanction : Il leur a exposé la vérité, mais ils ne l’ont ni accueillie ni mise en pratique, et Il les a en conséquence détournés de la bonne voie. Jamais, exalté soit-Il, Il n’a égaré qui que ce soit avant cette clarification.
Lorsque tu comprends cela, tu discernes le secret de la prédestination (al-qadar) ; bien des doutes et des ambiguïtés disparaissent alors de ce domaine, et tu saisis la sagesse d’Allah lorsqu’Il égare tel ou tel de Ses serviteurs. Le Coran le proclame explicitement en maints passages, comme Sa parole (61: 5) : « Lorsqu’ils dévièrent, Allah fit dévier leurs cœurs » ; ou encore (4: 155) et leur affirmation : « Nos cœurs sont scellés », à quoi Allah répond : « Au contraire, Allah a scellé leurs cœurs à cause de leur mécréance. » Le premier relève d’une mécréance d’obstination, le second d’une mécréance scellée. De même (6: 110) : « Nous retournons leurs cœurs et leurs regards parce qu’ils n’ont pas cru la première fois ; Nous les laissons dans leur rébellion, tâtonnant. » Il les a donc punis d’avoir abandonné la foi alors qu’ils en avaient acquis la certitude, en retournant