l’aidant dans tout ce qui attire la colère de son Seigneur. Ainsi, la compagnie privilégiée que le croyant partage d’ordinaire avec son Seigneur et son Dieu s’est, chez ce mécréant dépravé, transférée au profit de Satan, de son propre ego, de ses passions et de ses jouissances.
C’est pourquoi le verset commence par : « Ils adorent, en dehors d’Allah, ce qui ne peut ni leur profiter ni leur nuire. » – car cette « adoration » n’est autre que l’allégeance, l’amour et la satisfaction éprouvés à l’égard de leurs idoles ; elle implique pour eux une compagnie spéciale qui les unit à ces fausses divinités et les fait se ranger, avec les ennemis d’Allah, contre Lui, Sa loi et tout ce qu’Il réprouve.
Il en va tout autrement de l’allié d’Allah ; exalté soit-Il. Allah se tient, Lui, aux côtés de ce croyant contre son ego, son démon et ses passions.
Tel est, pour qui le comprend et le médite, l’un des trésors cachés du Coran. Qu’Allah accorde la réussite.
[Sourate al-Furqân (25) : verset 73]
« Ceux qui, lorsqu’on leur rappelle les versets de leur Seigneur, ne s’effondrent pas devant eux en demeurant sourds et aveugles. » ⦗73⦘
Maqātil a dit : « Lorsqu’ils sont exhortés par le Coran, ils ne s’y précipitent pas comme des sourds – qui ne l’entendraient pas – ni comme des aveugles – qui ne le verraient pas ; au contraire, ils l’entendent, le voient et y acquièrent la certitude. »
Ibn ʿAbbās a déclaré : « Ils n’étaient pas vis-à-vis de ces versets sourds et aveugles ; ils étaient plutôt craintifs et humbles. »
Al-Kalbī dit : « Ils s’abattent sur ces versets en entendant et en voyant. »
Al-Farāʾ explique : « Quand le Coran leur est récité, ils ne restent pas assis dans leur état premier comme s’ils ne l’avaient pas entendu ; c’est cela le “khurūr” (le fait de s’abattre). J’ai entendu des Arabes dire : “Il s’est assis à m’insulter”, comme on dit : “Il s’est levé à m’insulter” ou “Il est venu à m’insulter”. »
Le sens est donc, selon ce qui précède : ils ne deviennent pas, en sa présence, sourds et aveugles.
Az-Zajjāj dit : « Le sens est : lorsque les versets de leur Seigneur leur sont récités, ils tombent prosternés et en larmes, tout ouïe et clairvoyants, ainsi qu’il leur a été ordonné. »
Ibn Qutayba commente : « C’est-à-dire qu’ils ne s’en détournent pas comme s’ils étaient des sourds incapables de les entendre ou des aveugles incapables de les voir. »