Il a dit, dans Iʿlâm al-Muwaqqiʿîn :
« Le Très-Haut a proposé aux mécréants deux paraboles : celle du mirage et celle des ténèbres accumulées, car ceux qui se détournent de la bonne direction et de la vérité se répartissent en deux catégories.
La première comprend ceux qui pensent être sur quelque chose, puis découvrent, lorsque les réalités se dévoilent, que c’est le contraire. Telle est la situation des ignorants, des gens de l’innovation et des passions ; ils s’imaginent guidés et savants, mais, une fois les vérités mises à nu, ils voient qu’ils n’étaient sur rien, que leurs croyances et les œuvres qui en découlaient ressemblaient à un mirage dans une plaine désertique : l’œil y croit voir de l’eau, alors qu’il n’existe aucune réalité. De même, les actes accomplis pour autre qu’Allah et sans Son ordre paraissent bénéfiques à leur auteur, mais il n’en est rien. Au sujet de ces œuvres, Allah dit (25 : 23) : « Nous nous sommes tournés vers les œuvres qu’ils avaient accomplies et Nous les avons réduites à une poussière éparpillée. »
Réfléchis au choix du Très-Haut : Il place le mirage dans al-baqîʿa (une terre nue, sans constructions, arbres, végétation ni habitants) ; un sol aride où il n’y a rien, et le mirage lui-même est sans réalité. C’est exactement l’image de leurs actes et de leurs cœurs, désertés par la foi et la guidée.
Médite encore la parole divine : « le assoiffé le prend pour de l’eau ». L’assoiffé – celui dont la soif est extrême – voit le mirage, l’imagine de l’eau, s’y précipite, n’y trouve rien ; le mirage le trahit précisément quand il en a le plus besoin. De même, parce que leurs œuvres n’étaient ni conformes à l’obéissance due au Messager ﷺ ni vouées à Allah, elles ont été assimilées à un mirage : elles leur sont présentées au moment où ils sont le plus assoiffés et le plus nécessiteux, mais ils ne trouvent rien, puis ils se retrouvent face à Allah, qui les rétribue pour leurs actes et règle pleinement leur compte.
Dans le Ṣaḥîḥ, on lit, d’après Abû Saʿîd al-Khudrî, que le Prophète ﷺ, décrivant la manifestation (tajallî) le Jour de la Résurrection, a dit : « Puis on amènera l’Enfer, présenté tel un mirage ; on demandera aux Juifs : “Qu’adoriez-vous ?” Ils répondront : “Nous adorions ʿUzayr, fils d’Allah.” Il leur sera dit : “Vous mentez ; Allah n’a ni compagne ni enfant. Que voulez-vous donc ?” – “Nous voulons que Tu nous abreuves.” – “Alors buvez !”… »