il y a de différence entre les locuteurs, les degrés, les propos et les états ; attribue à chacun son dû et ne confonds pas l’alliage et le métal pur.
Chapitre
Cinquième degré : le degré de l’« ifhâm », la compréhension inspirée.
Allah — exalté soit-Il — dit (21 : 78-79) : « Et David et Salomon, lorsqu’ils prononcèrent un jugement au sujet d’un champ où les brebis d’un peuple s’étaient introduites la nuit ; Nous fûmes témoins de leur décision. Nous en fîmes comprendre l’issue à Salomon, et à chacun Nous accordâmes sagesse et savoir. »
Il y mentionne ces deux nobles prophètes, qu’Il loue pour leur science et la justesse de leur jugement, tout en réservant à Salomon la compréhension particulière de cet épisode précis.
ʿAlî ibn Abî Tâlib, interrogé en ces termes : « Le Messager d’Allah ﷺ vous a-t-il distingués par quelque chose que les autres ne possèdent pas ? », répondit : « Non, par Celui qui fend le grain et crée l’âme, sinon par une compréhension qu’Allah confère à un serviteur dans Son Livre, et ce qu’il y a dans ce feuillet. » Celui-ci contenait « l’ordonnance de raison », à savoir les compensations (diya), la libération du captif, et que jamais un musulman ne soit mis à mort pour un mécréant.
Dans la lettre que ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb adressa à Abû Mûsâ al-Ashʿarî (1) on lit également : « … et l’intelligence de ce qui te sera soumis. » La compréhension est donc une faveur divine : une lumière qu’Allah projette dans le cœur de Son serviteur.
Par elle il reconnaît et saisit ce que d’autres ne perçoivent ni ne connaissent ; il tire du texte ce qu’autrui n’y voit pas, bien qu’ils le mémorisent pourtant avec la même exactitude. La compréhension en est l’essence même.
Comprendre d’Allah et de Son Messager constitue l’emblème de la ṣiddîqiyya et le brevet de la walâya prophétique. C’est d’après ce critère que les rangs des savants divergent, au point qu’un seul put valoir pour mille. Considère donc la pénétration d’Ibn ʿAbbâs, lui qui