communauté, c’est ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb. »
J’ai entendu Shaykh al-Islâm Taqî ad-Dîn Ibn Taymiyya, qu’Allah lui fasse miséricorde, expliquer : le Prophète a affirmé catégoriquement qu’il existait de tels inspirés (muhaddathûn) chez les nations antérieures, mais il a conditionné leur présence dans cette communauté par la particule in (« si »). Et pourtant, cette communauté est la meilleure de toutes : les nations d’autrefois avaient besoin de ces inspirés, tandis que la nôtre, riche de la perfection de son Prophète et de son message, n’en a nul besoin. Allah n’a donc pas rendu la communauté, après lui, tributaire d’un inspiré, d’un illuminé, d’un adepte du kashf (dévoilement) ni d’un rêveur inspiré. Cette condition tient à la perfection et à l’autosuffisance de la communauté, non à quelque carence.
L’inspiré est celui à qui l’on parle intérieurement, dans son for intime et son cœur, au sujet d’une chose qui se réalise ensuite telle qu’il l’a reçue.
Notre Shaykh ajoutait : le véridique (ṣiddîq) est plus accompli que l’inspiré. Par la plénitude de sa véridicité et de son attachement au Messager, il n’a pas besoin de paroles intérieures, d’inspiration ou de dévoilement ; il a remis son cœur tout entier, son secret, son extérieur et son intérieur au Prophète, et se suffit ainsi de lui.
Il disait encore : l’inspiré confronte ce qui lui est soufflé à ce qu’a apporté le Messager ; s’il y trouve conformité, il l’accepte, sinon il le rejette. On voit ainsi que la ṣiddîqiyya surpasse la taḥdîth.
Il poursuivait : Quant à la formule de bien des gens subjugués par leurs imaginations et leur ignorance — « Mon cœur m’a parlé de la part de mon Seigneur » — il est certes vrai que leur cœur leur a parlé, mais par qui ? Par leur démon ou par leur Seigneur ? Attribuer un propos à Celui dont on ignore s’Il l’a réellement tenu est un mensonge. Le muhaddath de cette communauté n’a jamais tenu pareils propos, pas un seul jour de sa vie ; Allah l’en a préservé.
Bien au contraire, un jour, son secrétaire écrivit : « Voici ce qu’Allah a montré au Commandeur des croyants, ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb. » ʿUmar dit : « Non ; efface cela et écris : “Voici ce que voit ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb ; si c’est juste, cela vient d’Allah ; si c’est erroné, cela vient d’ʿUmar, et Allah et Son Messager s’en déclarent quittes.” »
À propos de la question de la kalâla, il déclara également : « J’exprime ici mon opinion ; si elle est juste, elle vient d’Allah ; si elle est fausse, elle vient de moi et de Satan. »
Tels sont les propos de celui que le Prophète a qualifié de muhaddath. Et que vois-tu aujourd’hui ? Le moniste, l’hulûlî (théoricien de l’incarnation), l’antinomiste extatique ou l’adepte du samâʿ fanfaronne effrontément et, dans son mensonge, proclame : « Mon cœur m’a parlé de la part de mon Seigneur. » Considère donc ce que