un terme d’origine « romaine » passé dans la langue arabe. Et, dans son acception première, précise-t-il, il s’agit du jardin qui réunit tout ce que renferment les vergers.
Hassân a chanté :
« La récompense d’Allah, éternelle entre toutes,
Ce sont des jardins du Firdaws où l’on séjourne à jamais. »
[Sourate Al-Mu’minûn (23) : verset 91]
91. Allah ne S’est pas attribué d’enfant ; aucune divinité n’est avec Lui. Autrement, chaque dieu s’en irait avec ce qu’il a créé, et les uns prendraient le dessus sur les autres. Gloire à Allah ! Il est bien au-dessus de ce qu’ils décrivent.
Contemple ce raisonnement éclatant formulé en des mots concis et limpides. La divinité véritable doit nécessairement être créatrice et agissante : elle procure le bien à ses adorateurs et repousse d’eux le mal. S’il existait auprès de Lui – exalté soit-Il – une autre divinité, celle-ci aurait, elle aussi, sa création et son action. Dès lors, elle n’accepterait pas de partager la souveraineté avec l’autre ; si elle en avait le pouvoir, elle la dominerait et s’approprierait seule la divinité. À défaut, elle se réserverait du moins sa propre création et s’en irait avec elle, comme les rois de ce monde se séparent les uns des autres avec leurs royaumes lorsqu’aucun ne peut soumettre l’autre.
Il ne resterait alors que trois issues :
- chaque dieu s’en va avec la création et le pouvoir qui lui reviennent ;
- les uns prennent le dessus sur les autres ;
- ou bien tous se trouvent sous l’emprise d’un Dieu unique qui agit sur eux tandis qu’ils n’ont prise sur Lui, qui se dérobe à leur autorité tandis qu’ils ne peuvent se dérober à la Sienne. Dans ce dernier cas, Lui seul est le Dieu véritable, et eux ne sont que serviteurs soumis et dominés.
Le parfait ordonnancement du monde, céleste comme terrestre, l’interdépendance de ses éléments et son déroulement selon une organisation rigoureuse, sans dissonance ni corruption, constituent la preuve la plus manifeste qu’il n’a qu’un seul Régulateur : nul autre dieu que Lui ; tout comme l’argument dit du ṭamânuʿ (le « conflit des volontés ») établit qu’il n’a qu’un seul Créateur ; nul autre Seigneur que Lui.
Ainsi, de même qu’il est rationnellement impossible que l’univers ait deux créateurs de puissance équivalente, il est tout aussi impossible qu’il ait deux divinités dignes d’adoration.