Et plus probant encore quant à leur impuissance et à la vacuité de leurs prétendus dieux est ceci : si cette créature des plus insignifiantes, la plus vile, faible et démunie – la mouche – leur arrachait quelque chose et s’en emparait, puis qu’ils s’unissaient tous pour le lui reprendre, ils seraient incapables de le récupérer et n’y parviendraient jamais.
Allah met ensuite sur un pied d’égalité l’adorateur et l’adoré dans leur faiblesse et leur indigence lorsqu’Il dit : « Faible est le demandeur comme l’objet demandé. » On a expliqué que le « demandeur » est l’adorateur et l’« objet demandé » la divinité ; c’est donc un impuissant qui s’accroche à un autre impuissant.
D’autres ont vu là une mise à niveau entre le ravisseur et celui à qui l’on ravit ; autrement dit, entre la divinité et la mouche, tous deux égaux dans la faiblesse et l’incapacité. Selon cette lecture, le « demandeur » serait la fausse divinité et l’« objet demandé » la mouche, à qui elle réclame ce qu’elle lui a dérobé. Pour d’autres encore, le « demandeur » est la mouche et l’« objet demandé » la divinité : la mouche vient lui prendre ce qu’elle a sur elle.
L’avis juste est que la formule englobe toutes ces situations : la faiblesse de l’adorateur, de l’idole et de la mouche qui emporte le butin.
Quiconque érige une telle chose en divinité aux côtés du Fort, du Tout-Puissant, n’a pas estimé Allah à Sa juste valeur, ne L’a pas connu comme Il doit l’être, ni exalté Sa grandeur comme Il convient de Le magnifier.