Allah — exalté soit-Il — a encore dit (43 : 36-37) : « Quiconque se détourne du rappel du Tout-Miséricordieux, Nous lui adjoignons un démon qui devient son compagnon inséparable ; ceux-ci les détournent assurément du chemin, tandis qu’ils s’imaginent être bien guidés. »
Le Très-Haut informe ainsi que celui qu’Il éprouve par un compagnon démoniaque et par l’égarement qui en découle ne le doit qu’à son propre refus et à son aveuglement à l’égard du rappel qu’Il a fait descendre sur Son Messager. La sanction de cet éloignement consiste précisément en l’envoi d’un démon qui l’accompagne, le détourne de la voie de son Seigneur et du chemin de la réussite.
Alors même qu’il se croit sur la bonne voie, lorsqu’il se présentera devant son Seigneur, le Jour de la Résurrection, escorté de son compagnon et qu’il constatera sa perte et sa ruine, il dira (43 : 38) : « Hélas ! Que ne s’établît entre toi et moi la distance des deux horizons ! Quel détestable compagnon ! »
Quiconque se détourne de la guidance contenue dans la révélation — ce rappel d’Allah — ne manquera pas de prononcer ces paroles au Jour dernier.
Si l’on objecte : « Cet homme a-t-il une excuse dans son égarement, puisqu’il se croyait bien guidé, comme Allah dit (7 : 30) : “Ils s’imaginent être bien guidés” ? » — la réponse est non. Ni lui ni ses semblables, dont l’égarement provient du refus de la révélation apportée par le Messager d’Allah ﷺ, ne sauraient être excusés, même s’ils se pensent sur la bonne voie. Ils sont fautifs d’avoir délaissé l’appel conduisant à la guidance ; s’ils se sont égarés, c’est uniquement par leur propre négligence et leur aversion.
Il en va autrement de celui dont l’égarement tient au fait que le message ne lui est jamais parvenu, ou qu’il lui était réellement impossible d’y accéder ; celui-là relève d’un autre statut, et les menaces coraniques ne visent que le premier cas.
Quant au second, Allah ne châtie personne avant d’avoir établi la preuve contre lui, comme Il dit (17 : 15) : « Nous ne châtions jamais un peuple avant d’avoir envoyé un messager », et encore (4 : 165) : « Des messagers annonciateurs et avertisseurs, afin que les gens n’aient plus d’argument contre Allah une fois les messagers venus. » Il déclare au sujet des gens de l’Enfer (43 : 76) : « Nous ne les avons point lésés ; ce sont eux qui furent injustes. » Et Il — Sublime soit-Il — dit également (39 : 56-59) : « De peur qu’une âme ne dise : “Malheur à moi pour ce que j’ai manqué envers Allah, alors que j’étais parmi les railleurs !” ou : “Si Allah m’avait guidé, j’aurais été parmi les pieux”, ou encore, lorsqu’elle verra le châtiment : “Ah ! S’il m’était donné de revenir, je ferais partie des bienfaisants.” — Mais non ! Mes signes te sont bel et bien parvenus, tu les as démentis, tu t’es enflé d’orgueil et tu fus parmi les… »