et que les anges, les bras déployés, disent : « Libérez vos âmes ; aujourd’hui, vous goûterez au châtiment avilissant pour avoir prêté à Allah des paroles mensongères et pour vous être enflés d’orgueil à l’égard de Ses signes. »
Ainsi, la réplique des anges : « Aujourd’hui, vous goûterez au châtiment avilissant » désigne le supplice du barzakh, dont le premier instant correspond à la saisie de l’âme, c’est-à-dire à la mort.
On trouve un passage analogue dans cette parole du Très-Haut (8 : 51) : « Si tu pouvais voir, lorsque les anges font mourir les mécréants, ils frappent leurs visages et leurs dos : “Goûtez au châtiment du brasier !” » – cette dégustation se situe dans le barzakh et son commencement intervient dès l’agonie. L’injonction « Goûtez » est, en effet, coordonnée à « ils frappent leurs visages et leurs dos » ; elle relève d’une partie de discours sous-entendue, comme dans bien d’autres versets similaires.
Les deux textes se rapportent donc au moment du décès. Dans le Ṣaḥîḥ, il est rapporté d’al-Barâ’ ibn ʿĀzib ⦗1⦘, au sujet de la parole du Très-Haut (14 : 27) : « Allah affermit ceux qui croient par la parole ferme dans la vie d’ici-bas et dans l’au-delà », qu’il a dit : « Elle a été révélée au sujet du châtiment de la tombe. » Les traditions relatives au supplice de la tombe atteignent d’ailleurs presque le rang de la transmission massivement concordante.
Le propos est donc le suivant : Allah — exalté soit-Il — annonce que quiconque se détourne de Son rappel – cette voie droite grâce à laquelle celui qui la suit ne s’égare ni ne sombre dans la misère – connaîtra une existence étroite. À l’inverse, Il garantit à celui qui respecte Son pacte de le faire vivre d’une vie bonne et de le rétribuer dans l’au-delà. Il dit en effet (16 : 97) : « Quiconque, homme ou femme, accomplit de bonnes œuvres tout en étant croyant, Nous le ferons assurément vivre d’une vie agréable et Nous les récompenserons selon le meilleur de ce qu’ils faisaient. »
Il fait ainsi savoir que celui qui, par le savoir et l’action, s’attache à Son alliance récoltera dès ici-bas une vie heureuse et, dans l’autre monde, la plus belle des récompenses ; à l’opposé de celui qui subit une vie étriquée en ce monde et dans le barzakh, puis est livré à l’oubli — c’est-à-dire abandonné au châtiment — dans l’au-delà.