Cette inattention a pour conséquence qu’il se laisse guider par ses passions et qu’il néglige entièrement son affaire.
Mujâhid déclare : « Son affaire est furat », c’est-à-dire perdue. Qatâda précise : « Il s’est égaré, et de la pire des façons. » As-Suddi renchérit : « C’est la ruine. »
Abû al-Hasan ibn al-Haytham explique : « Qualifiée de furat, une affaire est prise à la légère et abandonnée ; quant au tafrît, il consiste à faire passer l’impuissance au premier plan. » Abû Isḥâq ajoute : « Quiconque place son incapacité avant l’action gaspille et détruit l’affaire. »
Al-Layth dit : « Le furat est l’affaire que l’on néglige ; on dit : toutes les affaires d’Untel sont furat. » Al-Farrâ’ conclut : « furat signifie laissé à l’abandon : il a négligé ce qu’il ne fallait pas négliger, suivi ce qu’il ne convenait pas de suivre et fait preuve d’inattention là où l’inattention n’a pas lieu d’être. »
(18 : 57) « Et qui est plus injuste que celui à qui l’on rappelle les signes de son Seigneur, qui pourtant s’en détourne et oublie ce que ses mains ont commis ? Nous avons placé des voiles sur leurs cœurs afin qu’ils ne puissent le comprendre, ainsi qu’une surdité dans leurs oreilles ; si tu les appelles à la bonne direction, jamais ils ne suivront le droit chemin. »
Le terme akinna est le pluriel de kinân, tout comme ʿinân l’est d’aʿnna ; il renvoie originellement à l’idée de voile et de couverture.
On rencontre également les formes kanna, akanna et kinân, que l’on donne souvent pour synonymes, bien qu’une nuance les distingue. Akanna signifie « couvrir et dissimuler », comme dans la Parole du Très-Haut (2 : 177) : « … ou ce que vous cachez en vous-mêmes ». Kanna, lui, signifie « préserver et protéger », ainsi que dans (37 : 49) : « … telles des œufs soigneusement préservés ». Les deux verbes partagent l’idée de voile, tandis que kinân désigne ce qui recouvre et dissimule la chose, à la manière d’une enveloppe.
Les négateurs en ont eux-mêmes convenu lorsqu’ils ont déclaré (41 : 5) : « Nos cœurs sont enveloppés de voiles vis-à-vis de ce à quoi tu nous appelles ; nos oreilles sont obturées, et entre toi et nous il y a un rideau. » Ils mentionnent ainsi le voile du cœur — les akinna —, celui de l’oreille — le waqr — et celui de l’œil — le hijâb.
Autrement dit : « Nous ne comprenons pas tes paroles, nous ne les entendons pas et nous ne te voyons pas. »