— un écran —, selon l’avis le plus solide. Autrement dit : lorsque tu récites le Coran, Nous plaçons entre celui-ci et eux un écran qui les empêche de le comprendre, de le méditer et d’y croire. Cette idée est éclairée par Sa parole : « Nous avons mis sur leurs cœurs des enveloppes, de peur qu’ils ne le comprennent, et dans leurs oreilles une lourdeur » (17 : 45).
Ces trois obstacles correspondent aux trois éléments cités dans ce verset : « Ils disent : “Nos cœurs sont enveloppés par ce à quoi tu nous invites ; nos oreilles sont frappées de surdité ; et un écran se dresse entre nous et toi.” » (41 : 5). Allah — exalté soit-Il — précise qu’Il est Lui-même l’Auteur de ces entraves.
Le voile empêche de voir la vérité ; les enveloppes empêchent de la comprendre ; la lourdeur d’oreille empêche de l’entendre.
Al-Kalbî a dit : ici, l’« écran » désigne un obstacle qui les empêche d’atteindre le Messager d’Allah pour lui nuire ; c’est une frayeur qui les retient de passer à l’action contre lui.
Quant au qualificatif « mastûr » (impénétrable) qui le décrit, certains ont dit qu’il signifie « protecteur » ; d’autres qu’il relève du lien d’appartenance, c’est-à-dire « dans un abri ». L’opinion correcte est qu’il conserve son sens premier : il est dissimulé aux regards et l’on ne peut le voir. Prétendre qu’un participe passif puisse ici avoir un sens actif n’est pas fondé. Employer un terme à valeur de qualificatif relationnel dans la forme mafʿûl sans qu’il dérive de son verbe est rare, comme dans « makân muḥawwāl » (un lieu doté de protection) ou « rajul murṭûb » (un homme doté d’humidité). Le participe passif formé sur son verbe, en revanche, désigne normalement l’objet sur lequel l’action s’est exercée : maḍrûb (frappé), majrûḥ (blessé), mastûr (voilé).
[Isra’ 17 : 82] « Nous faisons descendre, avec le Coran, ce qui est guérison et miséricorde pour les croyants ; mais cela ne fait qu’accroître la perte des injustes. » (82)
Ici, la particule min (« de ») sert à spécifier l’espèce et non à introduire une partie : c’est bien l’ensemble du Coran qui est guérison, comme Il l’a dit ailleurs : « Ô gens ! Une exhortation vous est venue de votre Seigneur ; c’est une guérison pour ce qui est dans les poitrines, une guidée et une miséricorde pour les croyants. » (10 : 57)
Le Coran est donc un remède pour les cœurs contre la maladie de l’ignorance, du doute et de l’hésitation. Jamais Allah — glorifié soit-Il — n’a fait descendre du ciel un remède plus global, plus bénéfique, plus grand ni plus rapide pour dissiper les maux que le Coran lui-même.