Ta toute-puissance, qui est la perfection même de la capacité, et de Ta sagesse, qui est la perfection du savoir. En effet, quiconque pardonne par impuissance ou parce qu’il ignore la gravité de la faute du coupable n’est alors ni capable, ni sage, ni savant ; un tel pardon ne serait que faiblesse. Toi, au contraire, Tu ne pardonnes qu’animé d’une puissance parfaite, d’un savoir parfait et d’une sagesse qui place chaque chose à sa juste place. C’est pourquoi l’évocation de Ta toute-puissance et de Ta sagesse est ici plus appropriée que celle du pardon et de la miséricorde ; ces derniers auraient sous-entendu une demande de rémission hors de propos, alors que le délai en est passé.
En effet, s’il avait été dit : « Et si Tu leur pardonnes, c’est Toi, en vérité, le Pardonneur, le Très-Miséricordieux », cette formule eût comporté une forme de supplication et un appel indirect au pardon en faveur de gens qui ne le méritent pas, ce qui ne sied pas à la dignité du Messie – paix sur lui –, d’autant que la scène se déroule dans tout le prestige de la Majesté divine, et qu’elle annonce la vengeance contre ceux qui ont attribué un enfant à Allah ou Lui ont préféré d’autres divinités. Mentionner la puissance (ʿizza) et la sagesse est donc bien plus pertinent que d’évoquer la miséricorde et le pardon.
Il en va autrement de la prière de l’Ami intime (Ibrâhîm) – paix sur lui – : 14 : 35-36 : « Préserve-moi, ainsi que mes fils, de l’adoration des idoles ! Seigneur, elles ont égaré une multitude d’hommes. Celui qui me suit fait partie de moi, et quant à celui qui me désobéit, certes Tu es Pardonneur, Très-Miséricordieux. » Il n’a pas dit : « … car Tu es Tout-Puissant, Sage », parce que la situation ici est celle d’une imploration et d’une prière voilée : « Si Tu lui pardonnes et lui fais miséricorde en lui accordant le retour du polythéisme à l’unicité, de la désobéissance à l’obéissance… », comme il est rapporté dans le hadith : « Ô Allah, pardonne à mon peuple, car ils ne savent pas. »
Tout cela prouve clairement que les Noms du Seigneur – qu’Il soit exalté – sont dérivés d’attributs et de significations qui Lui appartiennent en propre, et que chaque Nom convient au propos dans lequel il est cité et à l’action ou à l’ordre auquel il est associé. Allah guide vers la voie droite.
Section
Des degrés de la guidée, particulière et générale
Ils sont au nombre de dix.
Premier degré : celui où Allah s’adresse à Son serviteur à l’état d’éveil, sans intermédiaire ; Sa parole va directement de Lui à l’intéressé. C’est le plus haut degré, comme lorsqu’Il parla à Moïse fils d’Imrân – que les bénédictions et la paix soient sur notre Prophète et sur lui –. Allah – Très-Haut – a dit : 4 : 164 : « Et Allah parla à Moïse, un véritable entretien. »