comme Il l’a dit à propos d’Abraham et de sa descendance parmi les prophètes et les messagers — qu’Allah leur accorde Sa grâce et Sa paix — : « Nous leur avons conféré un renom de vérité très élevé. » (19 : 50)
Dans ce verset, le terme « langue » (l-isân) renvoie à l’éloge méritoire. La véracité se manifestant par la langue, qui en est le siège, Allah — exalté soit-Il — a délié les langues des hommes pour qu’elles louent le véridique, en rétribution, et Il a nommé cette louange du nom même de « langue ».
Le mot l-isân recouvre, en effet, trois acceptions :
- celle qui vient d’être mentionnée : le bon renom (l’éloge) ;
- la langue au sens de langue parlée, comme dans : « Nous n’avons envoyé aucun Messager si ce n’est avec la langue de son peuple » (14 : 5) ; « … et la diversité de vos langues et de vos couleurs » (30 : 22) ; « La langue de celui vers qui ils se tournent est étrangère, alors que ceci est une langue arabe claire » (16 : 103) ;
- l’organe même, ainsi qu’il est dit : « Ne remue pas ta langue pour hâter sa récitation » (75 : 16).
S’agissant du « pied de vérité » (qadam ṣidq), on l’a expliqué par le Paradis, par Muhammad — paix et bénédictions sur lui —, ou par les œuvres vertueuses. Au fond, il désigne ce qu’ils ont fait avancer et ce vers quoi ils s’avanceront au Jour dernier : ils ont devancé par leurs actes et par la foi en Muhammad — paix et bénédictions sur lui —, et ils parviendront au Paradis qui en est la récompense. Celui qui l’explique par le Jardin vise ce vers quoi ils s’achemineront ; celui qui l’explique par les œuvres ou par le Prophète — paix et bénédictions sur lui — rappelle qu’ils les ont fait précéder et qu’ils ont fait précéder la foi en lui. Les trois interprétations traduisent ainsi un même « pied de vérité ».
Quant au « siège de vérité » (maqʿad ṣidq), il s’agit du Paradis, auprès du Seigneur — glorifié soit-Il.
Le qualificatif « de vérité » qui leur est attribué implique leur solidité et leur permanence : ils constituent une réalité authentique qui demeure, qui est profitable et dont les fruits sont parfaits. Reliés au Vrai — exalté soit-Il —, ils existent par Lui et pour Lui : vérité sans mensonge, réalité sans néant, permanence sans déclin, utilité sans dommage. Le faux et ses dépendances n’y ont ni voie ni accès.
Il en va ainsi de la parole d’Allah : « Lorsque tu récites le Coran, Nous plaçons entre toi et ceux qui ne croient pas en l’Au-delà un voile impénétrable » (17 : 45), et de Sa parole : « … et un écran entre nous et toi » (41 : 5).