d’eux, à les mener comme il l’entend, parce qu’ils l’y ont autorisé en lui obéissant et en s’alliant à lui.
Quant à l’autorité qu’Il lui a déniée, il s’agit de l’autorité de la preuve : Iblis ne possédait à leur égard aucun argument lui permettant d’exercer son emprise ; il s’est contenté de les appeler et ils lui ont répondu, sans preuve ni démonstration.
La deuxième explication est la suivante : Allah ne lui a, en aucune manière, accordé d’autorité sur eux au départ ; ce sont eux qui l’ont investi d’un pouvoir sur eux-mêmes en lui obéissant et en rejoignant le rang de ses soldats et de ses partisans. Il ne s’est donc pas imposé par sa propre force — sa ruse est, en vérité, faible — mais uniquement grâce à leur volonté et à leur choix.
Le point essentiel est que celui qui se présente chez le plus illustre de ses alliés, de ses bien-aimés et de ses conseillers, puis le capture, capture ses enfants et sa suite pour les remettre à son ennemi, mérite pour châtiment que cet ennemi même soit lancé contre lui.
[Sourate an-Nahl (16), verset 125]
« Appelle au chemin de ton Seigneur avec sagesse, par la bonne exhortation, et débats avec eux de la meilleure manière. Ton Seigneur connaît parfaitement qui s’égare de Son chemin et Il connaît parfaitement les bien-guidés. » (16 : 125)
Allah — exalté soit-Il — a établi les degrés de l’appel en fonction des degrés des créatures.
- Celui qui est réceptif, intelligent, qui n’oppose ni refus ni hostilité à la vérité : on l’appelle par la voie de la sagesse.
- Celui qui reste réceptif tout en étant marqué par une certaine négligence ou lenteur : on l’appelle par la bonne exhortation, c’est-à-dire l’ordre et l’interdiction assortis d’encouragement et de mise en garde.
- Quant au rebelle obstiné qui nie la vérité, on débat avec lui de la manière la meilleure.
Telle est l’interprétation correcte de ce verset. Ce n’est pas, comme le prétend le captif de la logique grecque, que la « sagesse » correspondrait au syllogisme démonstratif — l’appel réservé aux élites —, la « bonne exhortation » au syllogisme rhétorique — l’appel destiné au commun —, et la « dispute de la meilleure manière » au syllogisme dialectique, simple réfutation des querelles au moyen d’un raisonnement dont les prémisses sont admises.
Cette conception est erronée : elle repose sur les fondements de la philosophie et contredit, sous de multiples aspects, les principes des musulmans et les bases de la religion. Ce n’est pas ici le lieu d’en exposer le détail.