Un autre groupe a encore soutenu que le sens en est : « Tout est soumis à Sa puissance et à Sa domination ; tout appartient à Son royaume et se trouve dans Sa main. »
Bien que cela soit vrai, ce n’est pourtant pas là le sens du verset. Hûd – sur lui la paix – a clairement distingué, dans ses propos, entre : « Il n’est aucune créature qu’Il ne tienne par le toupet » (11 : 56) et : « Mon Seigneur est, certes, sur une voie droite. » Il s’agit de deux affirmations indépendantes.
L’avis retenu est donc celui de Mujâhid ; c’est celui qu’ont adopté les maîtres de l’exégèse. La langue arabe ne se prête à aucun autre sens, sinon par force.
Jarîr a dit, faisant l’éloge de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz :
« Le commandeur des croyants est sur une voie
droite, quand les abreuvoirs se dévient. »
Le Très-Haut a aussi déclaré (6 : 39 ; 10 : 100) : « Quiconque Allah veut (égarer), Il l’égare ; et quiconque Il veut, Il le place sur une voie droite. »
Or, si Allah – exalté soit-Il – est Celui qui a placé Ses messagers et leurs disciples sur une voie droite dans leurs paroles et leurs actes, Il est, à plus forte raison, en droit d’être Lui-même sur une voie droite dans Sa parole et Son acte. Et si la voie des messagers et de leurs adeptes consiste à se conformer à Son ordre, la voie sur laquelle Il Se tient, Lui, le Très-Haut, est celle qu’exigent Sa louange, Sa perfection et Sa majesté : dire la Vérité et la mettre en œuvre.
Et c’est auprès d’Allah que se trouve la réussite.
Dans Mafâtîḥ Dâr al-Saʿâda, il écrit encore :
« La première parabole vise l’idole et ceux qui l’adorent ; la seconde, Allah – qu’Il soit exalté – Se l’applique à Lui-même : Il ordonne la justice et Il est sur une voie droite.
Comment pourrait-on donc Le mettre au même rang que l’idole, à laquelle revient la plus mauvaise comparaison ? Ce que le Seigneur – glorifié soit-Il – réalise à l’égard de Ses serviteurs est le comble de la sagesse, de la bienfaisance et de la justice, qu’Il leur accorde ou leur refuse, qu’Il leur commande ou leur interdise. »