, impuissantes, incapables de quoi que ce soit. Comment donc les prennent-ils pour des associés d’Allah et les adorent-ils en dehors de Lui, malgré cet écart immense et cette différence manifeste ? Tel est l’avis de Mujâhid et d’autres.
Ibn ‘Abbâs, pour sa part, a dit : « Il s’agit d’une parabole qu’Allah a donnée à propos du croyant et du mécréant. Le croyant détient un bien que son Seigneur lui a accordé ; Il lui a octroyé de Ses subsistances une part excellente, dont il dépense pour lui-même et pour autrui, en secret comme au grand jour. Quant au mécréant, il est semblable à un esclave totalement possédé, impuissant, incapable de la moindre chose, car il ne possède aucun bien. Les deux hommes sont-ils donc égaux aux yeux de quiconque raisonne ? »
La première explication correspond pourtant mieux à l’intention du verset : elle met plus nettement en lumière la nullité du polythéisme, parle plus clairement à l’auditoire, étaye davantage l’argumentation et se rattache plus directement à la parole divine : « Ils adorent, en dehors d’Allah, ce qui ne détient pour eux aucune subsistance venue des cieux ni de la terre, et qui n’en a même pas la capacité. Ne proposez donc pas d’analogies pour Allah : Allah sait, et vous ne savez pas. » Puis : « Allah propose l’exemple d’un esclave entièrement possédé, incapable de rien. »
Il découle nécessairement de cette parabole que le croyant, attaché à l’unicité, ressemble à celui qu’Allah a pourvu d’une bonne subsistance, tandis que le mécréant polythéiste ressemble à l’esclave dépourvu de tout pouvoir.
C’est ce que la parabole met en évidence et vers quoi elle oriente. Ibn ‘Abbâs – qu’Allah l’agrée – l’a mentionné pour souligner cette intention, non pour restreindre le sens du verset à cette seule lecture.
Réfléchis-y : tu constateras que ce procédé se rencontre fréquemment dans les propos d’Ibn ‘Abbâs et d’autres Anciens lorsqu’ils expliquent le Coran. Certains, croyant qu’il s’agit là du seul sens possible, le rapportent alors comme s’il n’existait aucune autre signification.
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Quant à la seconde parabole, Allah – exalté soit-Il – la donne également à propos de Lui-même et de ce qu’on adore en dehors de Lui. L’idole qu’ils vénèrent est comparable à un homme muet, dénué d’intelligence et incapable de parler ; il est muet de cœur comme de langue, privé de toute faculté d’expression intérieure ou verbale. De surcroît, il est impuissant, absolument incapable de la moindre chose. Et, par-dessus tout, où que tu l’envoies, il ne revient vers toi