Le second est l’allusion détournée et l’indication implicite, proche des procédés d’une écriture cryptée. C’est dans ce sens que le poète a dit :
« Une causerie savoureuse, de celles qu’affectionnent les auditeurs, se pèse avec mesure ;
Une parole juste qui, parfois, s’exprime à demi-mots ;
et le meilleur des propos est celui qui recourt à l’allusion. »
Le troisième laḥn est la corruption de l’élocution sur le plan de la syntaxe ; en vérité, il s’agit de détourner la parole de sa voie, soit en introduisant une erreur, soit en lui attribuant un sens caché pour lequel aucun terme n’a été institué.
Or, Allah – exalté soit-Il – a juré qu’Il ferait reconnaître les hypocrites à la tournure de leur discours.
En effet, discerner l’orateur et ce qu’il porte en lui au moyen de ses paroles est plus aisé que de le juger à son apparence ou aux traits de son visage ; la parole révèle plus clairement l’intention et le contenu du cœur que ne le font les signes visibles. La firâsah porte ainsi sur les deux domaines : la vue et l’ouïe.
At-Tirmidhî rapporte, d’après Abû Saʿîd al-Khudrî – qu’Allah l’agrée –, que le Prophète ﷺ a dit : « Craignez la firâsah du croyant, car il voit à la lumière d’Allah. » Puis il récita : « Il y a en cela des signes pour les clairvoyants. »