Son serviteur dans ce monde comme dans l’au-delà. C’est pourquoi tu constateras que l’homme véridique est, parmi les gens, celui dont le cœur demeure le plus ferme et le plus courageux, tandis que le menteur figure parmi les créatures les plus détestées, les plus perfides, les plus changeantes et les moins constantes. Les connaisseurs du discernement (ahl al-firâsa) reconnaissent la sincérité du véridique à la stabilité de son cœur lorsqu’il rapporte des faits, à son courage et au respect qu’il inspire. Ils dévoilent le mensonge du menteur par l’inverse de ces signes, sans que cela échappe sinon à celui qui manque de clairvoyance.
On interrogea l’un d’eux au sujet d’un propos qu’il avait entendu d’un orateur. Il répondit : « Par Allah, je n’en ai rien compris, si ce n’est que j’ai perçu dans ses paroles une prestance qui n’est pas celle d’un imposteur. »
Aucun don n’est accordé au serviteur plus précieux que celui de la parole ferme. Les détenteurs de cette parole solide en goûteront le fruit au moment où ils en auront le plus besoin : dans leurs tombes et le jour où ils seront ramenés à Allah. Ainsi, le Ṣaḥîḥ de Muslim rapporte, dans le hadith d’al-Barâ’ ibn ʿÂzib, que le Prophète ﷺ a dit : « Ce verset a été révélé au sujet du châtiment de la tombe. »