Or, si l’homme avisé examine la majeure partie des propos que tiennent les gens, dans leurs conversations comme dans leurs écrits, il les trouvera de cette nature. La perte, la vraie perte, consiste donc à s’y attarder et à s’y employer au détriment du meilleur et du plus profitable des discours : le Livre du Seigneur, exalté soit-Il.
Al-Ḍaḥḥāk a dit : « Allah a donné pour exemple le mécréant à l’image d’un arbre arraché de la surface du sol, sans stabilité aucune : il n’a ni racine ni rameau, ni fruit ni utilité. Ainsi le mécréant n’accomplit ni ne prononce le moindre bien, et Allah n’y place ni bénédiction ni profit. »
Ibn ʿAbbâs a déclaré : « L’expression “parole mauvaise”, c’est le shirk (l’association), comparée à un arbre mauvais, c’est-à-dire au mécréant : “arraché de la surface du sol, sans point d’appui”. Autrement dit, le polythéisme n’a ni racine sur laquelle le mécréant puisse s’appuyer ni preuve qui le confirme. Allah n’agrée aucune œuvre entachée de shirk ; l’action de l’associateur n’est donc pas acceptée et ne s’élève pas vers Lui. Elle n’a ni base solide sur terre ni branche dans le ciel : elle n’est porteuse d’aucune œuvre salutaire, ni ici-bas ni dans l’au-delà. »
Al-Rabîʿ b. Anas a dit : « L’exemple de l’arbre mauvais est celui du mécréant : ni sa parole ni son action n’ont racine ni branche ; son propos et son œuvre ne se fixent pas sur terre et ne montent pas vers le ciel. »
Saʿîd rapporte de Qatâda, à propos de ce verset : « Un homme rencontra un savant et lui demanda : “Que dis-tu de la parole mauvaise ?” Il répondit : “Je ne lui connais ni repos sur terre ni ascension vers le ciel ; elle reste seulement attachée au cou de son auteur jusqu’à ce qu’il se présente avec elle, tel quel, le Jour de la Résurrection.” »
Le terme « ujtuththitat » signifie : déracinée de la surface du sol.
Ensuite, exalté soit-Il, Il fait connaître Sa grâce et Sa justice à l’égard des deux catégories : les gens de la bonne parole et les gens de la parole mauvaise. Il affirme qu’Il raffermira les croyants – grâce à leur foi – par la parole ferme, précisément quand ils en auront le plus besoin dans ce monde et dans l’au-delà, et qu’Il égare les injustes,