D’autres ont dit : il s’agit plutôt du rappel qu’adresse le serviteur à son Seigneur, dans l’intimité qui les unit ; son cœur y trouve le repos et la sérénité.
Le second avis veut que le « rappel d’Allah » désigne ici le Coran, ce rappel qu’Il a révélé à Son Messager et par lequel les cœurs des croyants s’apaisent. En effet, le cœur ne se tranquillise qu’avec la foi et la certitude ;
or il n’existe d’accès à la foi et à la certitude que par le Coran. La quiétude et la sérénité du cœur proviennent de sa certitude, tandis que son agitation et son trouble naissent de son doute. Le Coran est ce qui engendre la certitude et repousse suspicions, conjectures et illusions ; aussi les cœurs des croyants ne se tranquillisent-ils que par lui. C’est là l’avis retenu.
Ces deux explications se retrouvent également à propos de la parole d’Allah (43 : 36) : « Quiconque se détourne du rappel du Tout-Miséricordieux, Nous lui assignons un démon qui devient son compagnon. » L’opinion correcte est qu’il s’agit du rappel qu’Il a fait descendre sur Son Messager, c’est-à-dire Son Livre ; quiconque s’en détourne, Allah lui adjoint un démon qui l’égare et l’écarte du droit chemin, alors qu’il s’imagine être bien guidé.
On retrouve encore ces deux avis au sujet de Sa parole (20 : 124) : « Quiconque se détourne de Mon rappel aura une vie pénible et Nous le ressusciterons, le Jour de la Résurrection, aveugle. » L’explication exacte est qu’il s’agit du rappel qu’Il a fait descendre sur Son Messager : Son Livre. C’est pourquoi celui qui s’en détourne dira, le Jour du Jugement (20 : 125-126) : « Seigneur ! Pourquoi m’as-Tu ressuscité aveugle alors qu’auparavant je voyais ? » – Il dira : « Ainsi, Nos signes t’étaient parvenus et tu les as oubliés ; de même, aujourd’hui, tu es oublié. »
Quant à l’interprétation qui ramène le verset au serment, elle est fort éloignée du sens voulu : le rappel d’Allah sous forme de serment peut se trouver sur la langue du véridique comme du menteur, du pieux comme du dépravé. Les croyants font confiance au véridique, même s’il ne jure pas, et leur cœur ne s’apaise pas auprès de celui dont ils doutent, même s’il jure.
Allah a placé la quiétude dans les cœurs et les âmes des croyants. Il a réservé l’envie louable, les éloges et la bonne nouvelle de l’entrée au Paradis à ceux qui possèdent cette quiétude. Heureux donc ces gens-là, et quelle belle destinée les attend !