Qatâda dit : « Le terme al-ghayḍ désigne la fausse couche, tandis que “ce qu’elles augmentent” renvoie à toute grossesse qui dépasse neuf mois. »
Saʿîd ibn Jubayr ajoute : « Si la femme voit du sang alors qu’elle est enceinte, cela constitue pour l’enfant un ghayḍ, c’est-à-dire une diminution de sa nourriture, et, corrélativement, une augmentation de la durée de la grossesse. »
Les deux formes verbales « taghîḍu » (elles diminuent) et « tazdâdu » (elles augmentent) sont transitives ; leur complément, élidé, renvoie au pronom relatif « mâ ». Le mot ghayḍ signifie diminution, comme dans [11 : 44] : « l’eau baissa » ; son opposé est l’augmentation.
L’interprétation la plus juste de la parole divine est donc la suivante : Allah connaît la durée de la gestation et tout ce qui, au cours de celle-ci, se traduit par un accroissement ou une réduction. Cette science Lui appartient exclusivement, tout comme Il sait ce que porte chaque femelle : sera-ce un garçon ou une fille ? Voilà l’un des aspects du mystère (ghayb) que nul autre qu’Allah ne possède, conformément au ḥadith authentique rapporté dans les deux Ṣaḥîḥ, où le Prophète ﷺ déclare : « Les clefs de l’inconnaissable sont au nombre de cinq, que nul ne détient sinon Allah : nul ne sait ce que contiennent les matrices hormis Allah, et aucune âme ne sait sur quelle terre elle mourra hormis Allah. »
Il est donc, exalté soit-Il, l’Unique à connaître ce qui se trouve dans l’utérus, la durée de la présence de l’embryon, ce qui s’ajoute à son corps ou en est retranché.
Tout ce qui a été dit en dehors de cette idée fondamentale n’en est qu’une conséquence : fausse couche ou terme complet, apparition ou interruption du saignement, etc.
Ainsi, le verset vise principalement à mentionner la durée de la grossesse dans le ventre maternel et les variations qui l’allongent ou la raccourcissent.
[Coran, 13 : 17]
« Il a fait descendre du ciel une eau ; les vallées débordèrent selon leur capacité, et le torrent emporta une écume gonflante. De même, dans ce qu’ils fondent au feu pour en tirer parure ou ustensiles, se forme une écume analogue. Ainsi Allah expose-t-Il la vérité et le faux : l’écume s’en va, vaine, tandis que ce qui est utile aux hommes demeure sur la terre. C’est ainsi qu’Allah propose les paraboles. » (17)
Allah a donc comparé la Révélation qu’Il a fait descendre pour vivifier les cœurs, l’ouïe et la vue, à l’eau qui