, l’aspiration suprême à mourir en état d’islam — qui constitue pour le serviteur le but le plus élevé, relève d’Allah et non de la créature — ainsi que la reconnaissance de la Résurrection et la demande de rejoindre les bienheureux.
[Coran, 12 : 108]
Dis : « Voici ma voie : j’appelle à Allah, en toute clairvoyance, moi ainsi que ceux qui me suivent. Gloire à Allah ! Je ne suis pas du nombre des polythéistes. » (108)
Al-Farrâ’ et plusieurs autres exégètes expliquent que l’expression « et ceux qui me suivent » se coordonne au pronom sous-entendu dans « j’appelle » ; autrement dit : « Moi et ceux qui me suivent, nous appelons à Allah, tout comme je le fais. » C’est également l’avis d’al-Kalbî, qui déclare : « Il incombe à quiconque le suit d’appeler à ce à quoi il a appelé et de prêcher au moyen du Coran et de l’exhortation. »
De nombreux arguments viennent étayer cette interprétation.
Ibn al-Anbarî estime toutefois qu’il est possible de clore la phrase à « vers Allah », puis de reprendre : « en toute clairvoyance, moi ainsi que ceux qui me suivent ». On obtiendrait ainsi deux propositions : la première affirme qu’il appelle à Allah, la seconde qu’il se tient, lui et ses disciples, sur une claire vision. Ces deux lectures sont indissociables : nul n’est réellement son disciple s’il n’appelle pas à ce à quoi il a appelé tout en étant lucide.
L’opinion d’al-Farrâ’ reste néanmoins la plus élégante et la plus conforme aux exigences de l’éloquence.
Puisque l’appel à Allah représente la station la plus noble, la plus auguste et la plus méritoire pour le serviteur, il ne peut être atteint que par la science grâce à laquelle — et vers laquelle — on appelle. Pour que cette prédication soit parfaite, il est même nécessaire de pousser la quête du savoir jusqu’à son extrême limite. Il suffit, pour mesurer la dignité de la science, de constater qu’elle confère à son détenteur ce rang éminent ; et Allah répand Sa grâce sur qui Il veut.