à savoir : (12 : 52) « C’est afin qu’il sache que je ne l’ai pas trahi en son absence. » Voilà exactement la formule qui a été citée en premier lieu.
Ainsi, rien ne vient rompre la cohérence du passage, et il n’est nul besoin d’y introduire une proposition sous-entendue sans le moindre indice textuel.
Objection : « Que signifie alors sa parole : “afin qu’il sache que je ne l’ai pas trahi en son absence” ? »
Réponse : il s’agit de l’achèvement même de son excuse. Elle a joint l’aveu à l’excuse et a déclaré – c’est-à-dire : “par ces mots où je reconnais son innocence” – : « afin qu’il sache que je ne l’ai pas trahi en mentant à son sujet lorsqu’il était absent. Certes, je l’ai trahi face à lui au début, mais, à présent, il saura que, loin de l’avoir trahi en son absence, je ne lui ai pas imputé de mensonge. » Puis elle s’est excusée pour elle-même en disant : « Je ne m’innocente pourtant pas moi-même », et elle a exposé la raison pour laquelle elle ne pouvait s’absoudre : l’âme incline au mal.
Considère donc l’étrange attitude de cette femme : elle a reconnu la vérité et présenté des excuses à l’être qu’elle chérissait ; puis elle s’est excusée auprès d’elle-même ; ensuite, elle a mentionné la cause qui l’avait poussée à agir ; enfin, elle a clos ses propos en espérant le pardon et la miséricorde d’Allah, sachant que, si Allah n’accorde pas Sa miséricorde à Son serviteur, celui-ci demeure exposé au mal.
Mets cette lecture en regard de l’hypothèse selon laquelle ces paroles seraient, mot pour mot et quant au sens, celles de Joseph – paix sur lui. Observe l’écart immense entre les deux explications.
Rien n’empêche, par ailleurs, que la femme ait tenu de tels propos tout en restant polythéiste : ces gens reconnaissaient bel et bien l’existence du Seigneur et Ses droits, même s’ils Lui associaient d’autres divinités. Souviens-toi de cette injonction de son époux au début de l’affaire : (12 : 29) « Implore pardon pour ton péché, car tu as été du nombre des fautifs. »
(12 : 101) « Seigneur, Tu m’as accordé une part de royauté et Tu m’as enseigné l’interprétation des rêves. Toi, Créateur des cieux et de la terre, Tu es mon Protecteur en ce monde et dans l’au-delà. Fais-moi mourir en musulman et fais-moi rejoindre les vertueux. »
Cette invocation réunit la proclamation de l’unicité, la soumission au Seigneur, l’expression de la dépendance à Son égard, le désaveu de toute allégeance à autre que Lui – exalté soit-Il – et l’aspiration suprême à mourir en état d’islam.