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Son amour pour lui atteignit un point extrême ; sa passion s’insinua jusqu’au shaghāf, l’enveloppe la plus intime de son cœur.
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Il ressort également de ces propos qu’il se montra plus chaste, plus vertueux et plus fidèle qu’elle : c’est elle qui sollicitait, tandis que lui se refusait par pudeur, noblesse et modestie. Voilà pour elle un blâme des plus sévères.
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Les femmes emploient, pour décrire sa tentative, un verbe au futur : « elle cherche à séduire », forme qui indique la continuité, le présent et l’avenir, bref que telle est son habitude. Elles n’ont pas dit : « Elle a tenté de séduire son serviteur. » De même, il y a une différence entre : « Untel a reçu un hôte » et « Untel reçoit les hôtes, les nourrit et prend tout à sa charge » ; la seconde tournure décrit une pratique constante.
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Leur parole : « Nous la voyons certes dans un égarement manifeste » signifie : « Nous trouvons son acte extrêmement répréhensible. » Or les femmes ont coutume de se soutenir mutuellement dans leurs penchants – comme les hommes entre eux – et peinent à juger ces choses blâmables. Si, malgré cela, elles l’estiment odieux, c’est la preuve qu’il s’agit d’une turpitude parmi les plus exécrables, qu’il ne convient ni d’encourager ni de faciliter.
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Dans leur remarque, elles réunissent donc le reproche d’un amour excessif et celui d’un désir tout aussi excessif : elle n’a été mesurée ni dans sa passion ni dans sa quête.
– Quant à l’amour immodéré, leur expression « son amour l’a transpercée jusqu’au shaghāf » signifie que sa passion a atteint les profondeurs de son cœur.
– Quant à la sollicitation outrancière, leur propos « elle cherche à séduire son jeune serviteur » – la murâwada consistant à supplier sans relâche – leur permet de lui attribuer à la fois l’excès de passion et l’ardeur à commettre la turpitude.
Lorsque la femme de l’‛Azîz entendit ce stratagème, elle en imagina un plus retors : elle prépara pour elles un banquet, les invita, les réunit, puis cacha Joseph – paix sur lui – à leurs yeux. D’aucuns rapportent qu’elle le para, le revêtit de ses plus beaux atours et le fit surgir soudain devant elles. À peine eurent-elles le temps de reprendre leur souffle que le plus beau des créatures d’Allah apparaissait à l’improviste ; l’éblouissement les saisit aussitôt.