Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim
  1. Son amour pour lui atteignit un point extrême ; sa passion s’insinua jusqu’au shaghāf, l’enveloppe la plus intime de son cœur.

  2. Il ressort également de ces propos qu’il se montra plus chaste, plus vertueux et plus fidèle qu’elle : c’est elle qui sollicitait, tandis que lui se refusait par pudeur, noblesse et modestie. Voilà pour elle un blâme des plus sévères.

  3. Les femmes emploient, pour décrire sa tentative, un verbe au futur : « elle cherche à séduire », forme qui indique la continuité, le présent et l’avenir, bref que telle est son habitude. Elles n’ont pas dit : « Elle a tenté de séduire son serviteur. » De même, il y a une différence entre : « Untel a reçu un hôte » et « Untel reçoit les hôtes, les nourrit et prend tout à sa charge » ; la seconde tournure décrit une pratique constante.

  4. Leur parole : « Nous la voyons certes dans un égarement manifeste » signifie : « Nous trouvons son acte extrêmement répréhensible. » Or les femmes ont coutume de se soutenir mutuellement dans leurs penchants – comme les hommes entre eux – et peinent à juger ces choses blâmables. Si, malgré cela, elles l’estiment odieux, c’est la preuve qu’il s’agit d’une turpitude parmi les plus exécrables, qu’il ne convient ni d’encourager ni de faciliter.

  5. Dans leur remarque, elles réunissent donc le reproche d’un amour excessif et celui d’un désir tout aussi excessif : elle n’a été mesurée ni dans sa passion ni dans sa quête.
    – Quant à l’amour immodéré, leur expression « son amour l’a transpercée jusqu’au shaghāf » signifie que sa passion a atteint les profondeurs de son cœur.
    – Quant à la sollicitation outrancière, leur propos « elle cherche à séduire son jeune serviteur » – la murâwada consistant à supplier sans relâche – leur permet de lui attribuer à la fois l’excès de passion et l’ardeur à commettre la turpitude.

Lorsque la femme de l’‛Azîz entendit ce stratagème, elle en imagina un plus retors : elle prépara pour elles un banquet, les invita, les réunit, puis cacha Joseph – paix sur lui – à leurs yeux. D’aucuns rapportent qu’elle le para, le revêtit de ses plus beaux atours et le fit surgir soudain devant elles. À peine eurent-elles le temps de reprendre leur souffle que le plus beau des créatures d’Allah apparaissait à l’improviste ; l’éblouissement les saisit aussitôt.

السادس: أنها قد بلغ بها عشقها له كل مبلغ، حتى وصل حبها له إلى شغاف قلبها. السابع: أن في ضمن هذا: أنه أعفّ منها وأبر، وأوفى، حيث كانت هي المراودة الطالبة، وهو الممتنع، عفافا وكرما وحياء. وهذا غاية الذم لها. الثامن: أنهن أتين بفعل المراودة بصيغة المستقبل الدالة على الاستمرار والوقوع حالا واستقبالا، وأن هذا شأنها، ولم يقلن: راودت فتاها. وفرق بين قولك: فلان أضاف ضيفا، وفلان يقري الضيف ويطعم الطعام، ويحمل الكلّ. فإن هذا يدل على أن هذا شأنه وعادته. التاسع: قولهن إِنَّا لَنَراها فِي ضَلالٍ مُبِينٍ أي إنا لنستقبح منها ذلك غاية الاستقباح. فنسبن الاستقباح إليهن ومن شأنهن مساعدة بعضهن بعضا على الهوى ولا يكدن يرين ذلك قبيحا، كما يساعد الرجال بعضهم بعضا على ذلك، فحيث استقبحن منها ذلك كان هذا دليلا على أنه من أقبح الأمور، وأنه مما لا ينبغي أن تساعد عليه، ولا يحسن معاونتها عليه. العاشر: أنهن جمعن لها في هذا الكلام واللوم بين العشق المفرط، والطلب المفرط، فلم تقتصد في حبها، ولا في طلبها. أما العشق فقولهن قَدْ شَغَفَها حُبًّا أي وصل حبه إلى شغاف قلبها. وأما الطلب المفرط فقولهن تُراوِدُ فَتاها والمراودة: الطلب مرة بعد مرة فنسبوها إلى شدة العشق، وشدة الحرص على الفاحشة. فلما سمعت بهذا المكر منهن هيأت لهن مكرا أبلغ منه، فهيأت لهن متكأ، ثم أرسلت إليهن، فجمعتهن، وخبأت يوسف ﵇ عنهن. وقيل: إنها جملته، وألبسته أحسن ما تقدر عليه، وأخرجته عليهن فجأة. فلم يرعهنّ إلا وأحسن خلق الله وأجمله قد طلع عليهن بغتة، فراعهن ذلك

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