[Sourate Hûd (11) : 24]
« L’exemple des deux groupes est celui de l’aveugle et du sourd, par opposition à celui qui voit et qui entend ; les deux se valent-ils ? Ne vous en souviendrez-vous donc pas ? » (11 : 24)
Allah – exalté soit-Il – a d’abord mentionné les mécréants ; Il les a décrits comme incapables d’entendre et de voir. Il a ensuite rappelé les croyants, qu’Il a qualifiés de foi, de bonnes œuvres et d’ikhbât (humilité recueillie) envers leur Seigneur : Il les a donc dépeints par une servitude tant extérieure qu’intérieure. Puis Il a assimilé l’un des deux camps à l’aveugle et au sourd : leur cœur est aveugle à la vision de la vérité, et sourd à son audition.
Ainsi, Il les a comparés à l’homme dont la vue est incapable de percevoir les objets et dont l’ouïe est incapable d’entendre les sons. L’autre camp, au contraire, possède un cœur clairvoyant et à l’écoute, un œil voyant et une oreille qui entend.
Ce verset renferme donc deux raisonnements analogiques et deux images opposées pour les deux groupes. Puis Allah nie toute équivalence entre eux lorsqu’Il dit : « Les deux se valent-ils ? »
[Sourate Hûd (11) : 32]
« Ils dirent : “Ô Noé, tu n’as cessé de disputer avec nous, et tu as beaucoup insisté ; fais donc venir ce que tu nous promets, si tu es du nombre des véridiques.” » (11 : 32)
Allah a déposé dans le cœur des partisans de Ses messagers un secret issu de Sa connaissance et de Son amour. Cette foi demeure cachée aux ennemis des messagers ; ceux-ci ne voient que les apparences et demeurent aveugles aux réalités intérieures. Ils les méprisent dès lors et disent au Prophète : « Éloigne-les de toi, que nous puissions venir à toi et t’écouter. » Ils ajoutèrent : « Sont-ce là ceux qu’Allah a comblés de faveurs parmi nous ? »
Noé répliqua à son peuple : « Je ne vous dis pas que je détiens les trésors d’Allah, ni que je connais l’inconnu ; je ne dis pas non plus que je suis un ange. Je ne dirai pas, à propos de ceux que vos yeux méprisent, qu’Allah ne leur accordera aucun bien ; Allah connaît mieux ce qu’il y a dans leurs âmes. »
Al-Zajjâj explique : « Si vous prétendez qu’ils m’ont suivi de manière superficielle et apparente, il ne m’incombe pas de connaître ce qu’ils cachent. Lorsque je vois quelqu’un proclamer l’unicité d’Allah, je juge selon l’apparence et je confie la connaissance de son for intérieur à Allah. » Une explication fort judicieuse.
Ce qui ressort du verset, c’est qu’Allah connaît bien ce qu’ils portent en eux, puisqu’Il les a rendus dignes d’accueillir