et la joie est un attribut de perfection. C’est pourquoi le Seigneur – exalté soit-Il – est décrit par les formes les plus sublimes et les plus accomplies de cette joie : Sa réjouissance devant le repentir du pécheur est plus grande que la joie qu’éprouverait un homme retrouvant, dans un désert meurtrier, sa monture chargée de sa nourriture et de sa boisson après l’avoir perdue et avoir désespéré de la retrouver.
En somme, la joie se décline en plusieurs catégories : elle constitue la félicité, le plaisir et l’allégresse du cœur. Joie et bonheur sont sa béatitude, tandis que le souci et la tristesse sont son tourment. Se réjouir d’une chose est un degré au-dessus du simple agrément ; l’agrément apporte quiétude, sérénité et ouverture du cœur, alors que la joie y ajoute délice, allégresse et plaisir. Ainsi, tout homme qui se réjouit est forcément satisfait, mais tout homme satisfait n’est pas nécessairement dans la joie. De là vient que la joie est l’opposé de la tristesse, tout comme l’agrément s’oppose au mécontentement ; la tristesse fait souffrir celui qui la ressent, tandis que le mécontentement ne le fait souffrir que s’il est impuissant à se venger. Allah est plus savant.
« Nous révélâmes alors à Moïse et à son frère : “Aménagez pour votre peuple en Égypte des demeures, faites de vos maisons un lieu de prière, accomplissez la prière et annonce la bonne nouvelle aux croyants.” » [10 : 87]
Ce verset offre l’un des enchaînements les plus harmonieux et les plus remarquables. Il emploie d’abord le duel, car Moïse et Aaron étaient les deux messagers auxquels il fallait obéir, et les enfants d’Israël devaient se soumettre indifféremment à chacun d’eux. Lorsqu’ils établissent des demeures pour leur peuple, celui-ci les suit.
Il passe ensuite au pluriel dans : « accomplissez la prière », parce que l’accomplissement de la prière est une obligation qui incombe à tous ; puis il revient au singulier dans : « et annonce la bonne nouvelle aux croyants », parce que Moïse est le messager principal, son frère n’étant que son appui et son ministre ; de même que Moïse est la référence première pour la mission, il l’est pour l’annonce de la bonne nouvelle.
En outre, puisque Moïse et son frère furent envoyés avec un unique message, ils forment comme un seul messager, conformément à la parole du Très-Haut : « Nous sommes le messager du Seigneur de l’univers » [26 : 16]. C’est donc à ce messager qu’il fut dit : « Annonce la bonne nouvelle aux croyants. »