– Le premier : la grâce en elle-même ; – le second : l’aptitude du réceptacle à la recevoir, tel l’averse qui tombe sur une terre pauvre en végétation : l’objectif se réalise à la fois par la grâce descendue et par l’accueil que lui offre le terrain. Allah est plus savant.
Dans le Coran, la joie (farḥ) apparaît sous deux formes : absolue et qualifiée.
-
La joie absolue, mentionnée pour être blâmée, comme dans : « Ne te réjouis pas ! Allah n’aime pas ceux qui exultent. » [28 : 76] et : « Il est certes plein de joie et d’orgueil. » [11 : 10]
-
La joie qualifiée se subdivise en deux cas :
a) Celle qui se rapporte à la vie d’ici-bas ; elle fait oublier à son auteur la grâce et la faveur d’Allah et est réprouvée, ainsi qu’il est dit : « Lorsqu’ils se réjouirent de ce qu’on leur avait accordé, Nous les saisîmes soudain, et les voilà frappés de stupeur. » [6 : 44]
b) Celle qui se rapporte à la grâce et à la miséricorde d’Allah, elle-même de deux sortes : grâce et miséricorde liées à la cause, et grâce et miséricorde liées au résultat.
– Pour la première, le Très-Haut dit : « Dis : “C’est par la grâce d’Allah et par Sa miséricorde ; qu’ils s’en réjouissent donc ! Cela est bien meilleur que tout ce qu’ils amassent.” » [10 : 58]
– Pour la seconde, Il dit : « Se réjouissant de ce qu’Allah leur a donné de Sa grâce. » [3 : 17]
Se réjouir d’Allah, de Son Messager, de la foi, de la sunna, de la science et du Coran est un des signes des connaisseurs. Allah dit : « Quand une sourate est révélée, certains d’entre eux demandent : “Lequel d’entre vous cette sourate a-t-elle fait progresser dans la foi ?” Quant à ceux qui croient, elle accroît leur foi et ils s’en réjouissent. » [9 : 134] et : « Ceux à qui Nous avons donné le Livre se réjouissent de ce qui t’a été révélé. » [13 : 36]
La joie que produit la science, la foi et la sunna chez quelqu’un témoigne de l’estime qu’il leur voue, de son amour pour elles et de la préférence qu’il leur accorde. En effet, la joie qu’éprouve le serviteur à l’obtention d’une chose est proportionnelle à l’amour et au désir qu’il nourrit pour elle : celui qui n’aspire pas à une chose ne se réjouit pas de l’obtenir, ni ne s’attriste de la manquer. La joie suit donc l’amour et le désir.
La différence entre farḥ (joie) et istibshâr (espérance réjouie) est la suivante : la joie concerne ce qui est aimé après son obtention, tandis que l’espérance réjouie le concerne avant son obtention, lorsque l’on est sûr de l’obtenir. Aussi le Très-Haut a-t-Il dit : « Se réjouissant de ce qu’Allah leur a octroyé de Sa grâce et se félicitant de ceux qui ne les ont pas encore rejoints derrière eux… » [3 : 170]