Toutes ces formulations renvoient donc à une seule et même réalité : se conformer, extérieurement et intérieurement, à ce qu’a apporté le Messager.
Al-Wâhidî rapporte que la majorité des savants voient dans l’expression « à ce qui vous donne la vie » l’appel au jihad ; c’est l’avis d’Ibn Isḥâq et la préférence de la plupart des exégètes de la langue.
Al-Farrâ’ explique : « Lorsqu’Il vous appelle à redonner vigueur à votre cause par le combat contre votre ennemi, Il sous-entend que votre force ne se consolide que par la guerre et le jihad ; si vous l’abandonnez, votre situation s’affaiblira et votre adversaire s’enhardira contre vous. »
Je dis, pour ma part : le jihad est l’un des plus grands moyens par lesquels Allah les fait revivre, ici-bas, dans l’intervalle entre les deux vies (al-barzakh) et dans l’au-delà.
• Dans ce monde, leur puissance et leur domination sur l’ennemi se réalisent par le jihad.
• Dans le barzakh, le Très-Haut déclare : « Ne crois surtout pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah soient morts ; ils sont bien vivants auprès de leur Seigneur, recevant leur subsistance. » (Coran 3 : 169)
• Dans l’au-delà, la part de vie et de délice réservée aux combattants et aux martyrs dépasse celle des autres. C’est pourquoi Ibn Qutayba a dit que « ce qui vous donne la vie » désigne le martyre, tandis que d’autres exégètes y voient le Paradis, « demeure de la véritable vie », où se trouve une existence bonne et permanente, selon le rapport d’Abû ‘Alî al-Jurjânî.
Le verset englobe en réalité tout cela : la foi, l’islam, le Coran et le jihad insufflent aux cœurs une vie agréable, dont la perfection se trouve au Paradis. Le Messager appelle à la foi et au Paradis ; il appelle donc à la vie, ici-bas comme dans l’au-delà.
Or l’être humain a besoin de deux formes de vie :
- La vie de son corps, grâce à laquelle il perçoit l’utile et le nuisible et privilégie ce qui le profite sur ce qui lui nuit. Lorsque cette vie décline, il ressent une douleur et une faiblesse proportionnelles à ce déclin ; ainsi, la vie du malade, de l’affligé, de l’angoissé, du craintif, du pauvre ou de l’humilié est inférieure à celle de celui qui est indemne de ces maux.
- La vie de son cœur et de son âme, par laquelle il distingue le vrai du faux, l’égarement de la droiture, la passion de l’erreur, et choisit la vérité plutôt que son contraire ; cette vie lui confère dès lors la force de discerner entre