de ce qui est juste, à y faire entrer ce qui ne relève pas de leur sens, ou à en expulser la réalité de leurs significations. Voilà la véritable nature de l’ilhâd. Quiconque agit ainsi ment à l’égard d’Allah. C’est pourquoi Ibn ʿAbbâs a expliqué l’ilhâd comme un mensonge ; il s’agit, en fait, de l’extrémité même à laquelle parvient le négateur dans les noms du Très-Haut : dès lors qu’il introduit dans leurs significations ce qui n’en fait pas partie, ou qu’il les détourne de leur réalité – fût-ce partiellement –, il les fait dévier du droit chemin, et c’est là l’essence de l’ilhâd.
L’ilhâd consiste donc : soit à les rejeter et les nier ; soit à nier leurs sens et les neutraliser ; soit à les altérer, en les détournant de la vérité par des interprétations fallacieuses ; soit encore à en faire les appellations de ces créatures façonnées, comme le font les adeptes de l’ittihâd. Ceux-ci les appliquent à l’ensemble de l’univers, à ce qu’il comporte de louable et de blâmable, au point que leur chef a osé dire (1) : « Il est celui qu’on nomme par tout nom approuvé par la raison, par la Loi révélée et par l’usage, et par tout nom réprouvé par la raison, par la Loi révélée et par l’usage. » Gloire à Allah ! Il est infiniment au-dessus de ce que prétendent les négateurs.
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Second principe : chacun des Noms d’Allah – exalté soit-Il – renvoie, par correspondance directe, à l’Essence et à l’attribut dont il est tiré. Mais il comporte encore deux autres niveaux d’indication : l’inclusion et le lien de nécessité. Il renvoie, par inclusion, soit à l’attribut seul, soit à l’Essence dépourvue de cet attribut ; et, par nécessité, à tout autre attribut qui en découle. Ainsi, le Nom as-Samîʿ (Celui qui entend parfaitement) désigne, par correspondance, l’Essence du Seigneur et Son ouïe ; par inclusion, il renvoie soit à l’Essence seule, soit à l’ouïe seule ; et, par nécessité, il implique le Nom al-Hayy (le Vivant) et l’attribut de vie. Il en va de même pour l’ensemble de Ses Noms et attributs.
Les hommes diffèrent toutefois dans leur aptitude à percevoir ce lien de nécessité, d’où leurs divergences au sujet de bien des noms, attributs et dispositions légales. En effet, celui qui comprend que l’action volontaire est inséparable de la vie, que l’ouïe et la vue sont inséparables d’une vie parfaite, et que toute perfection procède de la plénitude de la vie, affirmera, parmi les Noms, attributs et actions du Seigneur, ce