Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

Sourate Al-Anfâl

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

[Sourate Al-Anfâl (8) : verset 17]
« Ce n’est pas vous qui les avez tués ; c’est Allah qui les a tués. Et lorsque tu as lancé, ce n’était pas toi qui lançais, mais Allah qui lançait – afin d’accorder aux croyants une belle épreuve. Allah est, certes, Audient et Omniscient. » (17)

Je dis : un groupe a cru que ce verset avait pour but de retirer l’acte au Messager et de l’attribuer exclusivement au Seigneur, érigeant cela en principe du jabr (déterminisme absolu) et niant que les actes puissent être rapportés aux serviteurs, pour ne les rattacher qu’à Allah seul. C’est là, de leur part, une profonde méprise dans la compréhension du Coran. Si leur interprétation était correcte, elle devrait s’étendre à toutes les œuvres ; il faudrait alors dire : « Je n’ai pas prié ; je n’ai pas jeûné lorsque j’ai jeûné ; je n’ai pas offert le sacrifice lorsque je l’ai offert ; je n’ai rien fait de ce que j’ai accompli : c’est Allah qui l’a fait. » S’ils poussaient la logique jusqu’au bout, elle s’imposerait pour toutes les actions humaines, obéissances et désobéissances confondues, sans la moindre distinction. Et s’ils la réservent au seul Prophète pour la totalité de ses actes – ou même à son seul jet – ils tombent dans la contradiction. Ces gens-là n’ont donc pas saisi le sens voulu par le verset.

Cela établi, le verset fut révélé à propos du jet que le Prophète – qu’Allah le bénisse et le salue – effectua contre les polythéistes, le jour de Badr, en lançant une poignée de graviers : aucun visage n’y échappa. Or il est évident qu’un tel geste, accompli par un homme, ne saurait atteindre cette portée. Du Prophète provenait l’initiative du lancer – le mouvement même – et d’Allah, exalté soit-Il, provenait, par délégation, l’acheminement des projectiles. Aussi le verset attribue-t-il au Messager le lancer initial, qui en constitue le commencement, et lui retire-t-il l’atteinte finale, qui en marque l’aboutissement.

سورة الأنفال ﷽ [سورة الأنفال (٨) : آية ١٧] فَلَمْ تَقْتُلُوهُمْ وَلكِنَّ اللَّهَ قَتَلَهُمْ وَما رَمَيْتَ إِذْ رَمَيْتَ وَلكِنَّ اللَّهَ رَمى وَلِيُبْلِيَ الْمُؤْمِنِينَ مِنْهُ بَلاءً حَسَناً إِنَّ اللَّهَ سَمِيعٌ عَلِيمٌ (١٧) قلت اعتقد جماعة أن المراد بالآية: سلب فعل الرسول عنه، وإضافته إلى الرب تعالى، وجعلوا ذلك أصلا في الجبر، وإبطال نسبة الأفعال إلى العباد، وتحقيق نسبتها إلى الرب وحده. وهذا أغلظ منهم في فهم القرآن، فلو صح ذلك لوجب طرده في جميع الأعمال. فيقال: ما صليت، وما صمت إذا صمت، وما ضحيت إذ ضحيت، ولا فعلت كل فعل إذ فعلته، ولكن الله فعل ذلك. فإن طردوا ذلك لزمهم في جميع أفعال العباد طاعاتهم ومعاصيهم، إذ لا فرق. فإن خصوه بالرسول وحده وأفعاله جميعها، أو رميه وحده، تناقضوا، فهؤلاء لم يوفقوا لفهم ما أريد بالآية. وبعد: فهذه الآية نزلت في شأن رميه ﷺ المشركين يوم بدر بقبضة من الحصباء، فلم تدع وجه أحد منهم إلا أصابته. ومعلوم أن تلك الرمية من البشر لا تبلغ هذا المبلغ، فكان منه ﷺ مبدأ الرمي وهو الحذف ومن الله ﷾ نيابة، وهو الإيصال. فأضاف إليه رمي الحذف الذي هو مبدؤه ونفي عنه رمي الإيصال الذي هو نهايته.

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