Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

et il obéit à son démon. Ibn Zayd dit : « Son penchant allait dans le sens de ce groupe » – c’est-à-dire ceux qui combattirent Moïse et son peuple. Ibn Yamân rapporte, quant à lui : « Il suivit son épouse, car c’est elle qui l’avait poussé à agir ainsi. »

Si l’on objecte : la particule de rectification « lâkin » (« mais ») exige que ce qui suit affirme ce qui vient d’être nié ou nie ce qui vient d’être affirmé, comme tu dis : « Si je l’avais voulu, je le lui aurais donné, mais je ne le lui ai pas donné » ; ou : « Si j’avais voulu, je n’aurais pas fait cela, mais je l’ai fait. » Le correctif impliquerait donc : « Si Nous l’avions voulu, Nous l’aurions élevé grâce à ces signes, mais Nous ne l’avons pas voulu », ou : « mais Nous ne l’avons pas élevé ». Comment, alors, peut-on corriger en disant : « mais il s’attacha à la terre » après avoir déclaré : « Si Nous l’avions voulu, Nous l’aurions élevé grâce à eux » ?

On répond : nous avons ici un propos où l’on privilégie le sens, en délaissant la simple symétrie des mots pour se concentrer sur l’idée. En effet, la teneur de la parole : « Si Nous l’avions voulu, Nous l’aurions élevé grâce à eux » est qu’il n’a pas emprunté les voies qui mènent à l’élévation par les signes – c’est-à-dire préférer Allah et Sa satisfaction à ses propres passions –, mais qu’il a préféré ce monde, s’est cramponné à la terre et a suivi son désir.

Al-Zamakhsharî commente : « Le sens est : S’il s’était tenu à Nos signes, Nous l’aurions élevé grâce à eux. » Il mentionne donc la volonté divine tout en visant ce à quoi celle-ci serait, selon lui, subordonnée et dont elle découlerait, comme si l’on avait dit : « S’il s’y était attaché, Nous l’aurions élevé par leur intermédiaire. » Il poursuit :

« Ne vois-tu pas qu’Il a dit : “mais il s’attacha…”, corrigeant ainsi la volonté par son attachement, qui relève de son propre acte ? Il faut donc que l’expression “Si Nous l’avions voulu” prenne ici le sens d’un acte émanant de lui ; si la formulation était prise à la lettre, il aurait fallu dire : “Si Nous l’avions voulu, Nous l’aurions élevé, mais Nous ne l’avons pas voulu.” »

Voilà, chez al-Zamakhsharî, une vieille rengaine «1» que nous reconnaissons chez un qadarite qui nie la volonté universelle d’Allah et s’égare en donnant à la Parole divine une coloration mu‘tazilite fondée sur la doctrine du libre arbitre.

Où donc se trouve le « Si Nous l’avions voulu » dans son « S’il s’y était tenu » ? De plus, si le fait de s’y tenir dépend de la volonté d’Allah – ce qui est la vérité –, son principe même s’effondre.

Quant à son affirmation selon laquelle la volonté d’Allah serait subordonnée à l’adhérence aux signes, elle compte parmi les propos les plus fallacieux et les plus vains ; en réalité, c’est cette adhérence qui dépend de la volonté d’Allah. La volonté d’Allah, exalté soit-Il, est celle que l’on suit, non celle qui suit. Et la cause

(1) Le terme shanshana désigne la constitution innée, la nature propre.
وأطاع شيطانه. وقال ابن زيد: كان هواه مع القوم، يعني الذين حاربوا موسى وقومه وقال ابن يمان: اتبع امرأته لأنه هي التي حملته على ما فعل. فإن قيل: الإستدراك «بلكن» يقتضي أن يثبت بعدها ما نفي قبلها، أو ينفي ما أثبت، كما تقول: لو شئت لأعطيته، لكني لم أعطه، ول شئت لما فعلت كذا لكني فعلته. والإستدراك يقتضي: ولو شئنا لرفعناه بها ولكنا لم نشأ، أو لم نرفعه، فكيف استدرك بقوله: وَلكِنَّهُ أَخْلَدَ إِلَى الْأَرْضِ بعد قوله: لَوْ شِئْنا لَرَفَعْناهُ بِها. قيل: هذا من الكلام الملحوظ فيه جانب المعنى، المعدول فيه عن مراعاة الألفاظ إلى المعاني. وذلك أن مضمون قوله: وَلَوْ شِئْنا لَرَفَعْناهُ بِها أنه لم يتعاط الأسباب التي تقتضي رفعه بالآيات: من إيثار الله ومرضاته على هواه، ولكنه آثر الدنيا، وأخلد إلى الأرض واتبع هواه. وقال الزمخشري: المعنى: ولو لزم آياتنا لرفعناه بها. فذكر المشيئة والمراد ما هي تابعة له ومسببة عنه، كأنه قيل: لو لزمها لرفعناه بها. قال: ألا ترى إلى قوله: وَلكِنَّهُ أَخْلَدَ فاستدرك المشيئة بإخلاده الذي هو فعله. فوجب أن يكون: ولو شئنا في معنى: ما هو فعله، ولو كان الكلام على ظاهره لوجب أن يقال: ولو شئنا لرفعناه، ولكنا لم نشأ. فهذا من الزمخشري شنشنة «١» نعرفها من قدري ناف للمشيئة العامة، مبعد للنجعة في جعل كلام الله معتزليا قدريا. فأين قوله: وَلَوْ شِئْنا من قوله: ولو لزمها. ثم إذا كان اللزوم لها موقوفا على مشيئة الله- وهو الحق- بطل أصله. وقوله: إن مشيئة الله تابعة للزوم الآيات: من أفسد الكلام وأبطله، بل لزومه لآياته تابع لمشيئة الله، فمشيئة الله سبحانه متبوعة لا تابعة. وسبب
(١) الشنشنة: الخلق والطبيعة.

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