Autrement dit : « Si Nous l’avions voulu, Nous l’aurions ôté de la mécréance grâce aux signes que Nous lui avions accordés. »
Mujâhid et ‘Atâ’ expliquent : « Nous l’aurions délivré de la mécréance par la foi et Nous l’aurions préservé. » Cette explication est juste, mais c’est la première interprétation – celle que vise directement le verset – qui demeure fondamentale ; la seconde n’en est qu’une conséquence naturelle. Nous avons déjà souligné que les Anciens mentionnent souvent ce qui découle du sens d’un verset, de sorte que certains croient à tort qu’il s’agit là du sens premier.
À propos de la parole divine : « mais il s’attacha à la terre », Sa‘îd ibn Jubayr dit : « il pencha vers la terre » ; Mujâhid : « il s’y fixa » ; Muqâtil : « il se complut dans la vie d’ici-bas » ; Abû ‘Ubayda : « il s’y cramponna et s’attarda ».
On appelle mukhallad, chez les hommes, celui qui marche lentement ; chez les bêtes, celle dont les deux premières incisives demeurent jusqu’à l’apparition des incisives latérales. Az-Zajjâj relève que les formes khalada et akhlada proviennent toutes deux de la racine khulûd, qui exprime la permanence et la durée. On dit : « Untel akhlada en tel endroit » lorsqu’il y séjourne longtemps. Ainsi Mâlik ibn Nuwaira a chanté :
« Avec les fils d’un clan de la tribu de Mâlik…
et ‘Amr ibn Yarbu‘ : ils se sont établis et y sont demeurés. »
J’ajoute que la parole du Très-Haut (56 : 17) : « Des garçons éternellement jeunes circuleront autour d’eux » signifie qu’ils ont été créés pour subsister ; ils ne changent ni ne vieillissent et restent à jamais d’un même âge. D’autres soutiennent qu’il s’agit de serviteurs aux oreilles ornées d’anneaux et aux poignets ceints de bracelets ; ils interprètent ainsi le terme par l’un de ses signes extérieurs, indice de leur éternelle jeunesse. Les deux explications ne se contredisent donc pas.
Quant à la parole : « et il suivit ses passions », al-Kalbî dit : « il s’est adonné aux basses besognes et a délaissé les hautes » ; Abû Rûq : « il a préféré le monde d’ici-bas à l’au-delà » ; ‘Atâ’ : « il n’a recherché que la vie présente. »