et de se défaire de tout hâle de convoitise. Ainsi, l’homme qui s’est dépouillé des signes d’Allah n’a plus de cœur capable de le soutenir dans la patience face à ce monde ni de le détourner de la convoitise qu’il lui porte. Celui-ci halète donc après la vie d’ici-bas, faute de pouvoir patienter vis-à-vis d’elle, tandis que le chien halète parce qu’il ne sait pas patienter sans eau. Le chien est, en effet, l’un des animaux les moins endurants à la soif ; lorsqu’il a vraiment soif, il en vient à avaler de la terre, alors même qu’il supporte plutôt bien la faim. Quoi qu’il en soit, c’est la bête qui halète le plus : debout, assise, en marche ou immobile, elle tire la langue sans relâche. Cette permanence du halètement vient de son avidité excessive ; la chaleur de cette avidité qui brûle dans son foie l’oblige à haleter continuellement.
Il en va de même pour son homologue humain : l’intensité de son avidité et l’ardeur de son désir qui embrase son cœur l’obligent à haleter sans cesse ; si tu le presses par l’exhortation et le conseil, il halète, et si tu le laisses sans l’admonester, il halète encore.
Mujâhid a dit : « C’est l’image de celui à qui le Livre a été donné mais qui ne l’a pas mis en pratique. » Ibn ʿAbbâs a déclaré : « Si tu le charges de la sagesse, il ne la porte pas ; et si tu le laisses, il ne trouve pas le chemin du bien : qu’il soit couché, le chien halète, et si tu le poursuis, il halète. » Al-Ḥasan a dit : « Il s’agit de l’hypocrite, incapable de demeurer dans la vérité, qu’on l’appelle ou non, qu’on l’exhorte ou non ; à l’instar du chien qui halète qu’on le chasse ou qu’on le laisse. » ʿAṭâʾ a affirmé : « Il aboie, que tu le malmènes ou non. » Abû Muḥammad Ibn Qutayba a dit : « Toute créature ne halète qu’à cause de la fatigue ou de la soif, sauf le chien : il halète quand il est épuisé comme quand il est au repos, quand il est sain comme quand il est malade ou assoiffé. »
C’est donc ce chien qu’Allah a pris pour parabole de celui qui renie Ses signes : que tu l’exhortes, il est égaré ; que tu le laisses, il est encore égaré, exactement comme le chien : si tu le chasses, il halète, et si tu le laisses tel quel, il halète. Un propos analogue figure dans Sa parole : 7 : 193 « Si vous les appelez à la bonne direction, ils ne vous suivront pas ; pour vous, c’est pareil que vous les appeliez ou que vous gardiez le silence. »