Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

et qu’il n’existerait, pour le convenable, d’autre réalité que ce qu’Il ordonne — lequel ne deviendrait convenable qu’en vertu du seul ordre divin — ni, pour le blâmable, d’autre réalité que ce qu’Il interdit — lequel ne deviendrait blâmable qu’en vertu de la seule interdiction —, quel sens resterait alors à la parole du Très-Haut : « Il leur ordonne le convenable et leur interdit le blâmable » ? Ne reviendrait-elle pas à déclarer : « Il leur ordonne ce qu’Il leur ordonne et leur interdit ce qu’Il leur interdit » ?
Une telle tournure serait indigne du propos du plus simple des hommes doués de raison ; que dire, alors, de la Parole du Seigneur des mondes !
Le verset n’énonce, en réalité, que ceci : Il leur prescrit le convenable que les intelligences reconnaissent et que la nature saine tient pour bon ; Il leur défend ce que les tempéraments et les esprits jugent blâmable. Ainsi, lorsqu’un esprit droit est confronté à Ses ordres et à Ses interdictions, il les accueille avec la plus grande adhésion et atteste de leur justesse — comme le dit ce Bédouin à qui l’on demanda :
— « Comment as-tu su qu’il est le Messager d’Allah ? »
— « Jamais il n’a commandé une chose dont la raison souhaiterait qu’il la défendît, ni interdit une chose dont la raison souhaiterait qu’il la commandât. »
Ce Bédouin connaissait donc mieux Allah, Sa religion et Son Envoyé que ces négateurs : son intelligence et sa nature originelle reconnaissaient la beauté de ce qu’il ordonnait et la laideur de ce qu’il interdisait, au point que cela constitua, pour lui, un signe éclatant de sa prophétie.
Si le caractère convenable ou blâmable d’une chose dépendait uniquement d’un ordre ou d’une interdiction dépourvus de toute réalité propre, il n’en résulterait aucune preuve ; il faudrait alors chercher la démonstration ailleurs. Celui qui s’engage dans cette voie fallacieuse se trouve dans l’incapacité de prouver la véracité de la prophétie au moyen même de l’appel et de la religion, alors que la religion qu’il a apportée et la voie à laquelle il a convié comptent parmi les plus grands témoignages de sa sincérité et les preuves les plus manifestes de sa mission.
Quiconque refuse de reconnaître à cette religion des qualités réelles qui imposent sa beauté et l’adhésion des intelligences — et, corrélativement, refuse de reconnaître à son contraire des qualités qui imposent sa laideur et le rejet de l’esprit — se ferme, à lui-même, la porte de l’argument fondé sur l’appel en tant que tel et n’en fait plus qu’un indice secondaire.

الفطريين- للمعروف: إلا ما أمر به، فصار معروفا بالأمر فقط، ولا للمنكر: إلا ما نهى عنه. فصار منكرا بنهيه فقط فأي معنى لقوله تعالى: يَأْمُرُهُمْ بِالْمَعْرُوفِ وَيَنْهاهُمْ عَنِ الْمُنْكَرِ. وهل حاصل ذلك زائد على أن يقال: يأمرهم بما يأمرهم به، وينهاهم عما ينهاهم عنه؟. وهذا كلام ينزه عنه كلام آحاد العقلاء، فضلا عن كلام رب العالمين. وهل دلت الآية إلا على أنه أمرهم بالمعروف الذي تعرفه العقول، وتقر بحسنه الفطر، فأمرهم بما هو معروف في نفسه عند كل عقل سليم. ونهاهم عما هو منكر في الطباع والعقول بحيث إذا عرض أمره ونهيه على العقل السليم قبله أعظم قبول، وشهد بحسنه كما قال بعض الأعراب، وقد سئل: بم عرفت أنه رسول الله؟ فقال: ما أمر بشيء فقال العقل: ليته ينهي عنه. ولا نهى عن شيء، فقال: ليته أمر به. فهذا الاعرابي أعرف بالله ودينه ورسوله من هؤلاء، وقد أقر عقله وفطرته بحسن ما أمر به وقبح ما نهى عنه، حتى كان في حقه من أعلام نبوته وشواهد رسالته. ولو كان جهة كونه معروفا ومنكرا هو الأمر المجرد لم يكن فيه دليل. بل كان يطلب له الدليل من غيره. ومن سلك ذلك المسلك الباطل لم يمكنه أن يستدل على صحة نبوته بنفس دعوته ودينه. ومعلوم أن نفس الدين الذي جاء به، والملة التي دعا إليها من أعظم براهين صدقه، وشواهد نبوته. ومن يثبت لذلك صفات وجودية أوجبت حسنه وقبول العقول ولضده صفات أوجبت قبحه ونفور العقل عنه، فقد سد على نفسه باب الاستدلال بنفس الدعوة، وجعلها مستدلا عليه فقط.

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