Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

Cette voie suffit à elle seule ; elle dispense de ces contorsions et de ces interprétations forcées.

Cependant, elle demeure elle-même fragile. Parmi ceux qui l’ont rejetée figure Abû ʿAbd Allâh Ibn Mâlik, qui déclara :

« Cette opinion est faible, car celui qui la soutient vise nécessairement l’une des deux choses suivantes : soit il prétend que le schème faʿîl, ici comme ailleurs, jouit du même statut que le schème faʿûl, c’est-à-dire qu’il s’emploie indifféremment pour le masculin et le féminin sous une forme unique ; soit il entend que, dans ce passage précis, faʿîl est assimilé à faʿûl.

La première hypothèse est irrecevable, parce qu’il existe un consensus parmi les grammairiens sur la nécessité d’ajouter le tâʾ à ẓarîfa, sharîfa et à leurs semblables, tant du point de vue du mètre que de la signification. C’est pourquoi les spécialistes de la langue ont dû expliquer, à propos de la parole du Très-Haut : « Ta mère n’était pas une femme débauchée » (S19 : 28) et de Sa parole : « Je n’ai jamais été débauchée » (S19 : 20), que la forme originelle est baghawiyy, sur le schème faʿûl ; de là vient qu’elle n’a pas reçu le tâʾ. On a ensuite affaibli la forme en remplaçant le wâw par un yâʾ et en transformant la ḍamma en kasra, si bien que son aspect a fini par ressembler à celui de faʿîl. Si, dès l’origine, elle avait relevé du schème faʿîl, elle aurait nécessairement pris le tâʾ, et l’on aurait dit : « je n’ai jamais été baghiyya ».

La seconde hypothèse est elle aussi rejetée, car le schème faʿîl possède, par rapport à faʿûl, des avantages qui l’empêchent d’être subordonné à ce dernier ; à vrai dire, c’est faʿûl qui, le cas échéant, devrait être rapporté à faʿîl. De plus, elle revient à faire suivre faʿîl de faʿûl alors que les deux diffèrent aussi bien par la forme que par le sens : la différence morphologique est manifeste, et, sur le plan sémantique, qarîb (proche) ne comporte aucune notion d’intensité, puisqu’on l’emploie pour tout ce qui est, même légèrement, proche, tandis que faʿûl implique nécessairement l’exagération.

Par ailleurs, une forme indiquant l’intensité doit nécessairement avoir, en regard, une forme dépourvue de toute intensité ; c’est seulement ensuite qu’on modifie la structure pour exprimer l’excès, comme ḍârib/ḍarûb ou ʿâlim/ʿalîm. Or qarîb n’entre pas dans ce cas ; il ne renferme aucune idée d’exagération.

Quant au vers d’Imruʾ al-Qays, il ne saurait servir de preuve, et cela pour plusieurs raisons.

Premièrement, il est extrêmement rare ; or ce qui est rare ne fonde pas une règle, ses occurrences ne sont ni abondantes ni conformes au modèle, tout comme istaḥwaḏa, istawthaqa al-baʿîr, ughîmat al-samâʾ, aghûra et aḥwula : tout ce qui relève de cette catégorie ne crée pas de précédent linguistique.

Deuxièmement, il se peut que le poète ait voulu dire quṭîʿata al-qiyâm (« l’accomplissement de l’iqâma »), puis qu’il ait retranché le tâʾ en raison de l’état d’annexion ; or, d’après al-Farrâʾ et d’autres, ce retranchement est permis, et c’est sur ce principe qu’ils expliquent la parole du Très-Haut : « … et il établit la prière » (wa-aqâma al-ṣalâta).

وفي هذا المسلك غنية عن تلك التعسفات والتأويلات. وهذا المسلك ضعيف أيضا. وممن رده أب عبد الله بن مالك، فقال: هذا القول ضعيف، لأن قائله إما أن يريد أن فعيلا في هذا الموضع وغيره يستحق ما يستحقه فعول من الجري على المذكر والمؤنث بلفظ واحد، وإما أن يريد أن فعيلا في هذا الموضع خاصة محمول على فعول. فالأول مردود لإجماع أهل العربية على التزام التاء في ظريفة وشريفة وأشباههما وزنا ودلالة ولذلك احتاج علماؤهم أن يقولوا في قوله تعالى: وَما كانَتْ أُمُّكِ بَغِيًّا وقوله: وَلَمْ أَكُ بَغِيًّا أن الأصل هو بغوي على فعول، فلذلك لم تلحقه التاء، ثم أعلّ بإبدال الواو ياء والضمة كسرة، فصار لفظه كلفظ فعيل، ولو كان فعيلا أصلا للحقته التاء، فقيل: لم أك بغية. والثاني أيضا مردود لأن لفعيل على فعول من المزايا ما لا يليق به أن يكون تبعا له، بل العكس أولى أن يكون فعولا تبعا لفعيل، ولأنه يتضمن حمل فعيل على فعول، وهما مختلفان لفظا ومعنى أما اللفظ فظاهر، وأما المعنى فلأنّ قريبا لا مبالغة فيه لأنه يوصف به كل ذي قرب وإن قل، وفعول لا بد فيه من المبالغة. وأيضا فإن الدال على المبالغة لا بد أن يكون له بنية لا مبالغة فيها، ثم يقصد به المبالغة، فتغير بنيته كضارب وضروب، وعالم وعليم. وقريب ليس كذلك فلا مبالغة فيه. وأما بيت امرؤ القيس فلا حجة فيه لوجوه. أحدها: أنه نادر فلا حكم له فلا كثرت صوره ولا جاء على الأصل كاستحوذ واستوثق البعير، وأغيمت السماء وأغور وأحول، وما كان كذلك فلا حكم له. الثاني: أن يكون أراد قطيعة القيام، ثم حذف التاء للإضافة، فإنها يجوز حذفها عند الفراء وغيره، وعليه حمل قوله تعالى: وَأَقامَ الصَّلاةَ

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