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Huitième voie : on avance que rahma (la miséricorde) est un nom verbal ; or, de même qu’un nom verbal ne se met ni au duel ni au pluriel, il ne devrait pas, selon cette opinion, recevoir la marque du féminin. Cet argument est extrêmement faible, car partout où Allah – exalté soit-Il – mentionne Sa miséricorde, Il emploie justement le féminin, comme dans Sa parole : « Ma miséricorde embrasse toute chose ; Je la destinerai donc à ceux qui sont pieux » (Coran 7 : 156), et dans la parole qu’Il tient par l’intermédiaire de Son Messager ﷺ : « Ma miséricorde a dominé – ou précédé – Ma colère. »
Si l’on avait retranché le t final de « proche » parce que rahma est un nom verbal et que les noms verbaux seraient, selon eux, étrangers au féminin, le pronom qui y renvoie devrait dès lors être masculin – ce qui n’est pas le cas. Il en va de même pour les autres noms verbaux terminés par t, tels que qudra (la puissance), irada (la volonté), hikma (la sagesse), himma (la résolution) et analogues. L’invalidité de cette prétention suffit donc à réfuter entièrement cette huitième voie.
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Neuvième voie : on soutient encore que qarib (proche) couvre deux sens. Le premier concerne la parenté : on emploie alors la forme féminine et l’on dira : « Untelle m’est parente » (fulana qaribatun li). Le second a trait à la proximité spatiale : on utilise alors la forme sans t et l’on dira : « Untelle s’est assise près de moi » (jalastu fulana qariban minni), sans dire qaribatan. Tel est l’avis d’al-Farra – qu’Allah lui fasse miséricorde – et de quelques autres. Cet avis est lui aussi faible, car cette distinction n’est valable que lorsque le mot qarib remplit la fonction d’adverbe de lieu ; on dira, par exemple : « La femme s’est assise près de moi » (jalastu al-mar’atu minni qariban). Mais, dès qu’il agit comme nom à part entière, cette différenciation ne tient plus.
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Dixième voie : d’autres estiment que, le genre féminin de rahma n’étant pas réel, on pourrait retrancher la marque du féminin, à l’instar de l’usage qui fait dire ṭalaʿa al-shams (le soleil s’est levé) ou ṭalaʿat. Cette voie est elle aussi viciée, car ce phénomène ne se rencontre que lorsque le verbe a pour sujet un féminin exprimé ; mais, dès qu’il se rapporte à son pronom, la marque du féminin devient indispensable. On dira ainsi : « al-shamsu ṭalaʿat », ou encore « al-shamsu ṭaliʿatun », et non ṭaliʿun, parce que, dans l’adjectif, le pronom du sujet est sous-entendu ; à cet égard, l’adjectif se comporte exactement comme le verbe.