entre le terme annexé et celui auquel il est rattaché, celui-ci constituant à proprement parler l’une de ses parties ; comme s’il avait dit : « Il a perdu un doigt, puis deux doigts de sa main. » Forcer ainsi le Coran à adopter une tournure surchargeant l’énoncé – alors que l’omission est plus éloquente – n’est guère aisé.
Section
Sixième voie d’explication : nous sommes ici dans le procédé par lequel l’un des deux éléments mentionnés tient lieu de l’autre, parce qu’il lui est subordonné et renferme déjà l’une de ses significations. Dès que l’un est cité, il rend l’autre superflu, celui-ci se déduisant naturellement de lui.
On en trouve une illustration, sous l’un de ses aspects, dans la parole du Très-Haut (26 : 4) : « Si Nous voulions, Nous ferions descendre sur eux du ciel un signe, et leurs cous demeureraient inclinés devant lui. » Le prédicat concernant « les cous » est sous-entendu, remplacé par celui qui porte sur leurs propriétaires.
De même, sous un autre aspect, le verset (9 : 62) : « Allah et Son Messager sont plus dignes qu’ils Le satisfassent. » Le sens est : « Allah est plus digne qu’ils Le satisfassent, et Son Messager également. » Le pronom n’a été rattaché qu’à Allah, car Le satisfaire revient à satisfaire Son Messager ; il n’était donc pas besoin de dire : « les satisfaire tous deux. »
Ainsi, le sens premier du verset serait : « Allah est proche des bienfaisants, et la miséricorde d’Allah est proche des bienfaisants. » Le prédicat supprimé est remplacé par celui déjà exprimé, et la clarté du propos autorise cette substitution.
Cette démarche est valable, pourvu qu’on la formule d’une manière plus harmonieuse que celle-ci ; elle est subtile, d’accès délicat, et relève des secrets du Coran.
Il convient de l’exprimer ainsi : la miséricorde est un attribut du Seigneur — exalté soit-Il ; or l’attribut ne se sépare jamais de Celui qu’il qualifie. Si Sa miséricorde est proche des bienfaisants, à plus forte raison le Seigneur — exalté soit-Il — l’est-Il Lui-même ; en vérité, la proximité de Sa miséricorde procède de Sa propre proximité envers les bienfaisants.