Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

De plus, à force d’employer ce terme et de le faire tourner dans leur langue, ils l’appliquent tantôt aux habitants, tantôt au lieu d’habitation, selon le contexte et la trame du discours. Ils ne se permettent cet élargissement de sens que lorsqu’il n’engendre ni ambiguïté, ni sous-entendu, ni ellipse.

Réfléchis donc à ce point, qui a échappé à certains alors qu’il est manifeste.

Une fois cela compris, considère la Parole : « La miséricorde d’Allah est proche des bienfaisants » ; rien, dans l’énoncé, n’indique qu’il faille y voir la mention d’un emplacement ou d’un lieu quelconque. Il est donc inadmissible de prétendre qu’un tel mot ait été passé sous silence ; soutenir une telle omission est assurément erroné. Car pareille assertion reviendrait à affirmer que le Locuteur visait un terme omis sans avoir fourni le moindre indice, explicite ou implicite, qui l’imposerait. L’allégation de celui qui le prétend est donc nulle et non avenue.

Quant au vers : « Baradā yusaffiq », il n’appartient pas davantage au domaine de la suppression du déterminant. Le poète entendait par Baradā le fleuve – masculin en arabe – et l’a donc accordé au masculin dans le verbe « yusaffiq ». Il ne l’a pas fait parce qu’il aurait retranché un mot, mais bien parce qu’il visait expressément le fleuve nommé Baradā.

Tu pourrais objecter : « Il faut malgré tout retrancher un déterminant, puisque l’on fait boire l’eau de Baradā et non le fleuve lui-même. » – Je réponds : à supposer que ce fût l’intention du poète, cela ne prouve en rien la validité de la thèse selon laquelle le verbe « yusaffiq » aurait été masculinisé en raison d’un “eau” passé sous silence. Cette masculinisation provient uniquement de la volonté de désigner le fleuve, qui est masculin, et ne confirme donc pas l’opinion avancée.

S’agissant enfin de la parole du Prophète ﷺ : « Hadhân ḥarâm » – « Ces deux-là sont illicites », le fait d’énoncer le prédicat au singulier recèle un secret stylistique remarquable : il attire l’attention sur le fait que chacun des deux objets, pris isolément, est qualifié d’illicite. S’il avait mis le prédicat au duel, cette nuance se serait perdue. Il l’a donc laissé au singulier, comme s’il disait : « Chacun de ces deux éléments est illicite. » L’emploi du singulier indique ainsi que le propos vise chaque élément séparément.

Médite-le ; c’est là une des subtilités éclatantes de la langue arabe. L’explication en a déjà été donnée plus haut dans ce commentaire, à propos de la question

ثم إنهم لكثرة استعمالهم لهذه اللفظة ودورانها في كلامهم أطلقوها على السكان تارة وعلى المسكن بحسب سياق الكلام وبساطه، وإنما يفعلون هذا حيث لا لبس فيه ولا إضمار في ذلك ولا حذف. فتأمل هذا الموضع الذي خفي على القوم مع وضوحه. وإذا عرفت هذا فقوله: إِنَّ رَحْمَتَ اللَّهِ قَرِيبٌ مِنَ الْمُحْسِنِينَ ليس في اللفظ ما يدل على إرادة موضع ولا مكان أصلا فلا يجوز دعوى إضماره بل دعوى إضماره خطأ قطعا. لأنه يتضمن الأخبار بأن المتكلم أراد المحذوف ولم ينصب على إرادته دليلا لا صريحا ولا لزومها. فدعوى المدعي أنه أراده: دعوى باطلة. وأما قوله «بردى يصفق» فليس أيضا من باب حذف المضاف بل أراد ببردى النهر، وهو مذكر، فوصفه بصفة المذكر فقال «يصفق» فلم يذكر بناء على خذف المضاف، وإنما ذكر بناء على أن بردى المراد به النهر. فإن قلت: فلا بد من حذف مضاف لأنهم إنما يسقون ماء بردى لأنفس النهر. قلت: هذا إن كان مراد الشاعر فلم يلزم منه صحة ما ادعاه من أنه ذكر «يصفق» باعتبار الماء المحذوف، فإن تذكيره إنما يكون باعتبار إرادة النهر وهو مذكر، فلا يدل على ما ادعوه. وأما قوله ﷺ: «هذان حرام» ففي إفراد الخبر سر بديع جدا وهو التنبيه والإشارة على أن كل واحد منهما بمفرده موصوف بأنه حرام، فلو ثنّى الخبر لم يكن فيه تنبيه على هذا المعنى. فلهذا أفرد الخبر، فكأنه قال: كل واحد من هذين حرام فدل إفراد الخبر على إرادة الأخبار عن كل واحد واحد بمفرده. فتأمله فإنه من بديع اللغة. وقد تقدم بيانه في هذا التعليق في مسألة:

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