Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

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Troisième démarche : certains estiment que le mot qarīb (« proche ») dans le verset relève du procédé grammatical consistant à retrancher le déterminant (muḍâf) et à laisser le déterminé (muḍâf ilayh) prendre sa place, tout en gardant à l’esprit l’élément omis. Ce serait comme si le texte disait : « Le lieu de la miséricorde est proche des bienfaisants », puis supprimait le terme « lieu » et faisait porter son cas et son accord sur « miséricorde ».

C’est le même procédé que l’on trouve dans ces vers de Ḥassân :
« On leur fait boire, quand ils atteignent al-Barîṣ,
 l’eau du Baradā qui clapote comme un nectar limpide. »
Il a employé le verbe « yusaffiq » au masculin alors que « Baradā » est féminin, parce qu’il visait « l’eau du Baradā ».

De même, le Prophète ﷺ, ayant pris dans ses deux mains de l’or et de la soie, déclara : « Ces deux-là sont illicites (ḥarâm) pour les hommes de ma communauté. » Il utilisa le singulier « ḥarâm » alors que l’énoncé porte sur un duel, comme s’il avait dit : « L’usage de ces deux-là est illicite. »

Toutefois, cette interprétation est extrêmement faible. En effet, prétendre de façon générale qu’un muḍâf est sous-entendu et que le muḍâf ilayh est mis à sa place n’est pas recevable ; sans quoi le discours deviendrait équivoque, la compréhension mutuelle serait détruite et les arguments scripturaires rendus inopérants. Il n’existe ni ordre, ni interdiction, ni énoncé quelconque qui n’implique un acte prescrit, proscrit ou relaté, acte qu’on pourrait, par ce procédé, priver de sa portée en postulant un mot sous-entendu. L’hérétique dirait alors du verset : « Et il incombe aux hommes envers Allah de faire le pèlerinage de la Maison » (3 : 97) qu’il s’agit seulement de « connaître le pèlerinage de la Maison » ; ou du verset : « Le jeûne vous a été prescrit » (2 : 183) qu’il s’agit simplement de « connaître le jeûne ». Si l’on ouvrait pareille porte, toute communication serait corrompue et les preuves, annulées.

Le muḍâf n’est donc sous-entendu que lorsqu’il s’impose, et que la phrase ne tient pas sans cette hypothèse, par nécessité. Ainsi, lorsque l’on dit : « J’ai mangé la brebis », on entend naturellement : « J’ai mangé sa chair » ; l’omission ne crée aucune ambiguïté. De même, dire : « Un tel a mangé la peine d’un tel » – pour signifier qu’il a dévoré son bien – implique forcément : « Il a mangé le fruit de sa peine » ; ici encore, la suppression du déterminant ne prête pas à confusion. Les exemples de ce type abondent.

Ne relève pas de ce procédé l’expression : « Et interroge la cité » (12 : 82) – bien que la plupart des spécialistes des fondements du droit l’avancent en exemple – car le mot « cité » désigne à la fois les habitants et l’ensemble de leurs demeures. Le terme est donc employé en tenant compte de ces deux aspects, tout comme « coupe » renvoie au récipient et à la boisson qu’il contient, « thinûb » au seau plein d’eau, ou « khuwân » au plateau lorsqu’il porte de la nourriture, et ainsi de suite.

فصل المسلك الثالث: إن «قريب» في الآية من باب حذف المضاف وإقامة المضاف إليه مقامه مع الالتفات إلى المحذوف، فكأنه قال: إن مكان الرحمة قريب من المحسنين، ثم حذف المكان وأعطى الرحمة إعرابه وتذكيره. ومن ذلك قول حسان: يسقون من ورد البريص عليهم ... بردى يصفق بالرحيق السلسل فقال: «يصفق» بالياء و «بردى» هي مؤنث لأنه أراد ماء بردى. ومنه قول النبي ﷺ وقد أخذ بيديه ذهبا وحريرا فقال: «هذان حرام على ذكور أمتي» فقال: «حرام» بالإفراد والمخبر عنه مثنى، كأنه قال: استعمال هذين حرام. وهذا المسلك ضعيف جدا لأن حذف المضاف وإقامة المضاف إليه مقامه لا يسوغ ادعاؤه مطلقا وإلا لا لتلبس الخطاب وفسد التفاهم وتعطلت الأدلة. إذ ما من لفظ أمر أو نهي أو خبر متضمن مأمورا به ومنهيا عنه ومخبرا إلا ويمكن على هذا أن يقدر له لفظ مضاف، يخرجه عن تعلق الأمر والنهي والخبرية، فيقول الملحد في قوله: وَلِلَّهِ عَلَى النَّاسِ حِجُّ الْبَيْتِ أي معرفة حج البيت وكُتِبَ عَلَيْكُمُ الصِّيامُ أي معرفة الصيام. وإذا فتح هذا الباب فسد التخاطب وتعطلت الأدلة، وإنما يضمر المضاف حيث يتعين ولا يصح الكلام إلا بتقديره للضرورة، كما إذا قيل: أكلت الشاة فإن المفهوم من ذلك أكلت لحمها فحذف المضاف لا يلبس، وكذلك إذا قلت أكل فلان كد فلان إذا أكل ماله، فإن المفهوم أكل ثمرة كده فحذف المضاف هنا لا يلبس ونظائره كثيرة. وليس منه وَسْئَلِ الْقَرْيَةَ وإن كان أكثر الأصوليين يمثلون به فإن القرية اسم للسكان في مسكن مجتمع فإنما تطلق القرية باعتبار الأمرين كالكأس لما فيه من الشراب، والذنوب للدلو الملآن ماء والخوان للمائدة إذا كان عليها طعام ونظائره.

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